Chamanisme et magie des ficelles chez les Tolupan (Jicaque) du Hondura

Un résumé et une traduction partielle d'un article 
d'Anne M. Chapman


par
Sam Cannarozzi Yada
Chasseley, France

Résumé

L'association des jeux de ficelle aux croyances
spirituelles et aux tabous est bien documentée.
L'article décrit une pratique apparentée observée
par Anne Chapman chez les Jicaque (Tolupan) du
centre-nord du Honduras dans laquelle un chamane
manipule des bouts de ficelle afin de prédire la réponse
à une question. Les observations de Chapman ont été
à l'origine rapportées dans son article intitulé
"Chamanisme et Magie des Jeux de Ficelle Chez les
Tolepan (Jicaque) du Honduras" qui est paru dans le
Journal de la Société des Américanistes du Musée de
l'Homme, Paris (vol. 59, pp, 43-64, 1970).


Comme on peut le lire dans la littérature des jeux de
ficelle, jeux, références sont fréquemment croisés
à des pratiques ou des tabous rituels, associés aux
jeux de ficelle. Dans le Pacifique, des rapports
existent entre la récolte de l'igname et certaines
figures (Landtmann 1914:221). Les Inuits ont
développé des tabous d'un genre spécifique en
interdisant aux jeunes garçons de jouer au jeu
de peur que leurs doigts s'empêtrent dans leur ligne
de leur harpon (Mary-Rousselière 1969:157). De
même, les aborigènes Yirrkala ont imposé des
restrictions basées sur le sexe, associant certains
motifs à des femmes et d'autres à des hommes
(McCarthy 1960:424). Ces derniers emploient aussi
les jeux de ficelle pour aider à se rappeler de
légendestribales
(McCarthy 1960:425-428). J'ai
entendu autrefois que des polynésiens pouvaient
réitérer des cosmologies entières sur leurs doigts,
avec l'aide de telles configurations. Mais je ne
 suis jamais tombé sur une référence spécifique
 aux ficelles et magie, comme Anne Chapman
 le présente dans son article
intitulé
"Chamanisme et Magie des Jeux de Ficelle
Chez les Tolepan (Jicaque) du Honduras" qui a
été publié en 1970 (en français) dans le Journal
de la Société des  Américanistes du Musée de

l'Homme
, Paris  (vol. 59, pages 43-64). J'ai pensé
qu'il serait alors intéressant de présenter un
résumé de ce long article, qui ne traite pas
entièrement spécifiquement des
manipulations de ficelle. Une bibliographie
sélective suit avec une liste de sources citées dans
cette  présentation. Deux photographies sont
incluses dans  l'article original. Malheureusement,
elles ne montrent pas grand chose. Il est aussi
regrettable qu'aucune illustration n'accompagne les
manipulations de ficelle
décrites.

***

 Dans sa brève introduction, Anne Chapman présente
le peuple qu'elle a étudié. Les Jicaque (Il s'appellent
maintenant Tolupan) vivent dans le comté de La
Montana de la Flor au centre-nord du Honduras. Ils
cultivent le mais, les haricots, des courgettes, des
courges, et plusieurs variétés de pommes de terre.
Ils chassent encore des oiseaux et de petits animaux
avec une sarbacane bien que leurs habits traditionnels
faits d'écorce aient été remplacés par une sorte de
tunique en forme de poncho, en coton. Aucun rites
de ces gens n'a survécu, mais leur mythologie est
encore en partie partiellement connue de certains
individus.

Bien que cette communauté particulière n'avait
apparemment pas de chamane, au moment de la
visite, jusqu'en 1920, deux d'entre eux d'un village
 voisin venaient périodiquement. Chamane dans la
langue Tolupan se dit punakpan, ou "Petit Vieil
Homme." Le chamane était le médiateur entre les
êtres surnaturels et les humains, un conseiller, un
guérisseur, un médium.

Dans la partie suivante, intitulée "Voyage avec un
 chamane dans un Autre Monde",  nous apprenons
l'existence des Tomam, des divinités célestes qui
jouent un rôle dans la divination du jeu de ficelle,
et aussi celle des pomjantship, décrits comme
étant un "Serpent plumé, de dix centimètres de
long qui vole comme un papillon." Dans "Un
chamane est mordu par un Serpent Plumé" et
dans "Le Maître Serpent et le
Petit Vieil Homme"
qui apparaissent dans une conversation
extraordinaire entre le chamane et.... ses ficelles!
Le Petit Vieil Homme chassait le cervidé, mais n'en
avait trouvé aucun. Fatigué, il s'assit, sortit ses
ficelles magiques afin de découvrir où l'endroit où
il pourrait en trouver un. Il tourna ses ficelle vers
l'est et l'ouest, les royaumes respectifs des anciens
et jeunes Tomam. Mais la ficelle répondit, "Un
homme noir va venir".
Le Petit Vieil Homme demanda, "Pour quel raison
vient-il?", à cela les ficelles répondirent, "Il arrive
car vous blâmez celui qui est mort."
Le Petit Vieil Homme demanda, "Qu'est-ce que c'est
que cela? Expliquez-vous." A cause d'un serpent
 caché  dans un trou, sous les broussailles, le
 serpent qui a mordu "un homme mort",
 répondirent les ficelle.
"Mais cet homme, pour quelle raison vient-il?"
demanda
le Petit Vieil Homme.
"Pour que vous lui pardonniez," dirent les ficelles,
ce à quoi
le Petit Vieil Homme répondu " Pour cette
fois, je peux pardonner."

Anne Chapman commente qu'en effet, les Tolupan
emploient encore deux techniques de magie afin de
prédire des évènements dans la vie de tous les jours,
ou pour révéler comment un projet ou une intention
pourrait se résoudre. Ce sont "la Preuve par la
 Jambe" et la "Preuve par les Ficelles."
Dans
"la Preuve par la Jambe", on interprète l'action
de la rythme cadencé ou le tremblement des muscles
de la jambe. L
a "Preuve par les Ficelles" est je
pense,un emploi étonnant des ficelles. Il est
 apparemment apparenté précisément à une
 dichotomie spatiale asymétrique présente dans la foi
 Tolupan. L'est, la main droite, et le dieu Toman
 l'ancien sont bénéfiques à la vie, la santé, le succès,
 la chasse, et autres du même genre, alors que
 l'ouest, la main gauche, et Toman le jeune,
 impliquent tous le contraire.
Voici comment la "
Preuve par les Ficelles"
fonctionne:

1. A la fin de l'opération de la ficelle en boucle est "lue"
d'après sa position, par rapport au quatre points
cardinaux: est et sud, vers le devin étant positive,
ouest et nord, négative.

2. L'opération est exécutée avec quatre ficelles

3. Les quatre ficelles se distinguent l'une de l'autre
par le nombre de noeuds qu'ils ont à leurs bouts.

4. Le devin réalise une spirale avec quatre ficelles
en boucle.

5. Il peut seulement répéter l'opération quatre fois
par question.


Un jour, en 1960, Anne Chapman, d'après les
spécifications du chamane Alfonzo Martinez,
alla chercher quatre ficelles. On lui avait dit
de cueillir des fibres de l'agave, ou "plante
centenaire" et de les couper de la même longueur,
à peu près 1.67. Voici maintenant une traduction
mot-à-mot des manipulation exécutées par
Martinez et leur interprétation:

Il s'est assis, sa main droite tournée vers l'est,
sa gauche vers l'ouest.
La suite peut être lue ici dans le texte original
à partir de la page 56.

Anne Chapman
à la fin de son article, mentionne
d'autres exemples dans lesquels les ficelles sont
employées pour des pratiques divinatoires.
Elle cite G.M. Foster sur les Wailaki de Californie,
qui consultaient les ficelles pour découvrir le sexe
d'un enfant
à naître. Foster est cité en anglais
disant:

L'informateur était incapable d'expliquer pourquoi
on obtenait quelques fois un 'garçon' et d'autres
fois une 'fille'. Le secret repose dans la séparation
des deux ficelles parallèles du côt
é voisin des petits
doigts. Si la ficelle supérieure est placée sur les index,
on obtient un 'garçon', si c'est la ficelle inférieure,
on obtient une 'fille'. Les ficelles sont d'habitude
si tortillées qu'il est impossible de dire quelle est la
vraie ficelle supérieure, et pas simplement la
supérieure apparente. même en connaissant la
solution, il est souvent impossible de produire
à volonté telle ou telle figure.

Chamanisme et magie des ficelles chez les Tolupan (Jicaque) du Hondura Anne M. Chapman

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