Jeux et Tours de Ficelle Innus Appendice II: La disparition mystérieuse de Waugh

recueillis par
Frederick W. Waugh (1872-1924)

Edité et illustré par
Mark Sherman


photo

Peu de temps après que Waugh ait finit son travail
de terrain sur les Innus à Sept-Iles en septembre 
1924, il a disparu, et on ne la jamais revu. 
Heureusement, il avait donné ses carnets de notes
 à son fils Goldwin, qui était son chercheur, 
lorsqu'ils commencèrent leur voyage de retour
 à Ottawa. S'il ne l'avait pas fait, la collection de 
jeux de ficelle innus de Waugh aurait à jamais 
été perdue.

Les données présentées ci-dessous sont basées sur
des dossiers que j'ai examinés au Musée de la
Civilisation à Hull, Québec, jettent une nouvelle
lumière sur les évènements qui ont conduits à sa
disparition mais ne réussissent pas à révéler ce
qui est advenu de lui. Les lecteurs curieux sont 
encouragés à consulter son dossier officiel
"Personnes disparues" (Missing Persons)
(HQ-1190-7-C-1), créé par la police judiciaires,
département du gouvernement canadien, qui est 
actuellement disponible pour consultation sur 
place à Bibliothèque et Archives Canada à
Ottawa.



Musée Canadien de la Civilisation
Edward Sapir Fond, n° de référence I-A-236M


Note de service Re: F. W. Waugh

M.
F. W. Waugh, âgé de 52 ans, est l'un des employés
scientifiques réguliers du Musée du Mémorial de
 Victoria, Département des Mines. Il occupe le poste
d'Ethnologue assistant de la section anthropologique
et a été à ce poste depuis 1913 (?). Il est marié et
père de deux fils, Goldwin et Richard. Il réside 26
Broadway Ave. n° de téléphone Carling 2881.

Une des ses  fonctions est la recherche scientifique
de la vie et des coutumes indiennes pendant l'été.
Conformément à cela, il est parti début mai en 1924,
pour entreprendre des recherches parmi les Indiens
montagnais du St. Laurent inférieur. Il s'est installé à
Sept-Iles et vivait dans une tente près de la réserve
indienne, son fils Goldwin étant son assistant de camp.
Le travail avec les Indiens s'est déroulé normalement.
Il a été vu pendant l'été par M. P. Taverner,
 l'ornithologue du
Musée du Mémorial de Victoria
à Eskimo Point; plus tard à
Sept-Iles par le Professeur
F. G. Speck, de l'Université de Pennsylvanie,
Philadelphie, Pa. M. Waugh et son fils sont restés à
Sept-Iles juste un peu après mi-septembre. Ils ont
atteint Montréal le samedi 7, en train par Québec.
A la gare ferroviaire, M. Waugh a laissé sa valise et
a envoyé son fils en avant à Ottawa, et lui a dit qu'il
passerait par la réserve indienne à Caughnawaga, et
reviendrait dans une semaine. Les échantillons
indiens recueillis à
Sept-Iles sont arrivés avec
Goldwin Waugh.

Pendant deux semaines, on ne s'est pas inquiété.
Mme Waugh ne recevant aucun signe de vie de son
mari, a commencé à s'inquiéter. Elle m'a téléphoné
le 9 octobre à ce sujet et m'a demandé si j'avais des
nouvelles de lui. Je n'avais pas eu, en fait, des
nouvelles de M. Waugh depuis le 18 juin, au moment
où il travaillait sans interruption et avec de bons
 résultats à
Sept-Iles. Le ton de cette lettre était
enjoué et optimiste, mais il est un peu surprenant
que je n'ai pas plus souvent eu des nouvelles de lui
pendant l'été, dans les voyages précédents il avait
l'habitude d'écrire plusieurs fois lorsqu'il travaillait.

Aussitôt que
Mme Waugh m'a informé de son silence
prolongé, j'ai télégraphié, le 9 octobre, comme suit:

F. W. Waugh
c/o Indian Agent
Caughnawaga, P.Q.

Mme Waugh et moi sommes inquiets car vous
n'avez pas écrit. S.V.P. télégraphiez.

E. Sapir

Nous n'avons pas reçu de réponse. Le lendemain
j'ai
télégraphié à l'officier médecin de la réserve:

J. H. Jacobs, M.D.,
Caughnawaga Indian Reserve
via Adirondack Junction, P. Q.

Est-ce que F. W. Waugh a été dans votre réserve
pour travailler avec les indiens? Télégraphiez
immédiatement à nos frais.

E. Sapir, Victoria Museum, Ottawa


Un réponse arriva le 13 octobre comme suit:

Adirondack Jct., Oct 11, '24.
Dr. Sapir, Victoria Museum,
Dep't Mines, Ottawa, Ont.

Nous n'avons pas vu F. W. Waugh dans notre
réserve cette année.

J.H. Jacobs

Une enquête faite à ma demande par le ministère
des affaires indiennes dans les réserves de
Caughnawaga, St. Regis, et Oka n'a donné aucune
information de l'endroit où se trouve M. Waugh.

Dimanche 12 octobre, Mme Waugh s'est tant
 inquiètée qu'elle a envoyé ses fils à Montréal en
voiture pour voir s'ils ne pourraient pas retrouver
leur père. Ils lui ont télégraphié mardi matin, le
14 octobre, pour lui faire savoir qu'on n'avait
pas trouvé M. Waugh.

Les seuls détails auxquels je peux penser et qui
pourraient aider à comprendre la disparition
de M. Waugh sont:

1. Goldwin Waugh semble avoir laisser entendre
que son père n'était pas en si bonne forme pendant
tout le voyage. Il souffrait beaucoup de son estomac
 et semblait sérieusement déprimé parfois. Mme
Waugh et Goldwin pourraient certainement fournir
des détails importants  si on leur demandait.
 
2. M. Waugh ne pouvait pas avoir beaucoup d'argent
sur lui. Le département des mines lui avait avancé la
somme de 1165.00 $ comme suit:

Le 5 mai 1924 - un chèque n° 318       500.00 $
Le 2 juin 1924 - un chèque n° 775      400.00 $
Le 26 juin 1924 - un chèque n° 1003   265.00 $

total
1165.00 $


La plupart de cet argent aurait été dépensé pour les
billets de train, les frais du camp, les informations
obtenues des Indiens, et les échantillons achetés
à
Sept-Iles. On peut remarquer que M. Waugh
n'avait pas payé à son fils l'argent auquel il avait
droit en tant qu'assistant de camp (50.00 $) par
mois) au moment où il l'a envoyé de Montréal à
Ottawa.

Des photos de M. Waugh pourront être obtenues
de Mme Waugh, aussitôt que ses fils arriveront
à Ottawa, ce qui veut dire aujourd'hui.

E. Sapir
Division d'Anthropologie
Musée du Mémorial de Victoria
Le 14 octobre 1924.

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Disparition Mystérieuse

Ottawa, Ontario, le 15 novembre 1924

Une récompense est offerte par Mme Waugh pour
toute information sur l'endroit où se trouve
Frederick W. Waugh, qui a été vu en dernier par
son fils à la gare Bonaventure, Montréal, P.Q., le
20 septembre 1924. M. Waugh avait l'intention de
  partir à cette date pour la réserve indienne
Caughnawaga avec pour but le recueillement
 d'échantillons ethnologiques, etc., et certains membres
 de la réserve soutiennent l'avoir vu là-bas cet après-midi
et qu'il a fait savoir son intention de retourner à
Montréal par le pont de Lachine.

Description

Age, 52.
Hauteur, 5 pieds 10 inch (1m 75)
Cheveux, brun foncé tirant sur le gris.
Yeux, gris.
Dents, supérieures fausses
Signes particuliers, marche avec le dos voûté

au niveau du cou
Langues, français, indien et lit l'allemand
Vêtements, costume de sport gris, bottes noires,
casquette verdâtre.

Vous êtes priés d'informer la Police Montée Royale
Canadienne, Montréal, le Ministre-adjoint des Mines,
Ottawa, Ontario, ou Cortlandt Starnes, Préfet de
Police,
Police Montée Royale Canadienne.

"
Disparition Mystérieuse"
Musée Canadien de la Civilisation
Edward Sapir Fond, n° de référence I-A-236M

-----------

Musée Canadien de la Civilisation
Collection Carmen Roy n° 2000-F003
Les mémoires de Marius Barbeau
Fichier: transcription textuelle, pages 11-13
(tape: Roy 107, 1957-1958)

Après mon premier voyage à Oklahoma chez les
Wyandots en 1911, j'ai été invité à faire une halte
à Toronto sur mon chemin de retour et à donner
une adresse à un petit club de prétendus
 archéologues à Toronto. Là j'ai rencontré
F.W. Waugh et W.J. Wintemberg qui étaient
intéressés et avaient travaillé sur l'archéologie
d'Huronia avec le Dr. Boyle, directeur de l'Ecole
Norman à Toronto. J'ai donné quelques chansons
 huronnes avec les photographies et ai donné une
description sommaire des Wyandots d'Oklahoma
qui étaient parents des Hurons et descendants de
la branche Tuonotatis de la nation huron ou des
montagnes bleu au centre d'Ontario. Ils m'ont
invité le lendemain pour le déjeuner et
naturellement la conversation entre nous a été
animée. Après être rentré à Ottawa, j'ai suggéré
un travail de terrain pour eux dans l'Ontario,
Waugh sur la technologie des Iroquois et
Wintemberg sur l'archéologie de certains sites
qu'il connaissait déjà. Ils firent leur travail en été .
On demanda à
Wintemberg de venir à Ottawa
pour un travail temporaire, je crois pour aider
Harlan I. Smith dans son travail archéologique.
Cela se transforma à la fin, très rapidement à
une nomination permanente, une très bonne.

Waugh était enseignant dans l'une des écoles de
Toronto. Il réussit à rester assez longtemps sur le
terrain pour perdre son poste d'enseignant et alors
il se jeta dans nos bras ici, et par pitié plus ou moins
nous avons du l'engager temporairement au début,
et puis de façon permanente en tant que notre
préparateur en technologie et technologie. Cela
s'est passé comme vous pouvez le voir dans notre
rapport annuel vers la fin de 1913 ou 1914. Cela
me soulagea d'une partie du travail que j'avais:
la numérotation, l'inventaire des échantillons et
la prise en charge des objets mis sous vitrines
dans les expositions. Waugh, finalement et très
rapidement, probablement en 1913 a été sur le
 terrain pour une recherche chez les Iroquois de
la rivière Blind. Il était là-bas au même moment
 que
Goldenweiser. Goldenweiser était un homme
 supérieur comparé à Waugh grâce à sa formation
et son adresse et ainsi de suite. Il a travaillé sur
l'organisation sociale, les aspects supérieurs de la
technologie iroquoise, la ligue des nations chez les
Iroquois, et ainsi de suite, alors que Waugh devait
 travailler sur les petites choses des arts manuels.
L'histoire se répandit que Waugh était devenu
jaloux de
Goldenweiser. Il aurait aimé faire la
même chose  et il essayait. Finalement,  après que
Goldenweiser soit parti, Waugh continua la travail
dans de très bonnes conditions comme on dit.
Il a fait un très bon travail de folklore, a recueilli
beaucoup de contes folkloriques iroquois et est
devenu indispensable. Ses manuscrits, ses carnets
de notes, [il y en avait] des piles, pour cela il a
participé à un grand nombre d'explorations y
compris une au Labrador. Ses carnets de note
[incluent] beaucoup d'information de grande
 valeur. Il a publié une monographie sur la
nourriture iroquoise dans nos collections mais
on a perdu la trace de ses carnets de notes pendant
longtemps, et nous nous sommes demandés
très longtemps où ils pouvaient se trouver. Nous
avons appris récemment, par le Dr. Rousseau
je crois, que W.N. Fenton les avait au Musée
d'Albany, et Fenton consentit à les rendre et ils
ont été ramenés au Musée, si j'ai bien compris....

En ce qui concerne Waugh, pendant la guerre,
la Première Guerre, il a été impliqué dans certaines
affaires, des affaires privées, qui semblent avoir
hanté et empoisonné son cerveau. Il se peut qu'il ait
perdu de l'argent à cause de l'appui qu'il a apporté
à une personne inconnue. Bien que nous avions été
amis depuis le début et que j'étais responsable de
sa nomination, à un moment donné il s'est mis en
colère contre moi, car je lui ai simplement demandé:
Comment ce fait-il que vous mettez la culture du
maïs jusqu'à la rivière Gatineau chez les Algonquins?
Juste pour une bagatelle comme cela, son amitié
pour moi cessa entièrement, et il devint quelqu'un
pour qui toutes les personnages l'entourant lui
étaient hostiles. Il est allé à Labrador Nain pour
faire un travail de recherche chez les Eskimos
labradors, les Naskapis, et il n'a pas été, si j'ai
bien compris, une réussite, car il n'y avait pas
assez eu de personnes avec qui travailler. Cela
a pu aussi contribué à se qu'il ait le cafard. Il
retourna, fit une visite courte à
Caughnawaga,
la réserve iroquoise près de Montréal, et alors
sur le chemin du retour il disparut, et on n'a
plus entendu parler de lui. C'est la fin de Waugh
 - une histoire tragique.

The Eastern Door, Kahnawake Mohawk Territory.
Volume 8, Number 47, Story 1 (1999).
Kahnawake, Quebec


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D'alors à maintenant: 100 années d'histoire
 kahnawake par Kenneth Deer
 
Le Dr. Waugh disparaît

Le Dr. Waugh un anthropologue employé par le
Musée de la Civilisation, a disparu alors qu'il
recueillait des données à
kahnawake. En septembre

1924, le Dr. Waugh a été vu en dernier marchant
sur le pont ferroviaires, se dirigeant vers Montréal,
après avoir passé la journée
à kahnawake à recueillir
des données. Le mystère plane sur l'histoire locale de
 la disparition du
Dr. Waugh. Certains ont pensé que
les anciens n'ont peut-être pas le travail qu'il faisait
avec notre peuple.

Satekenhatie nous a racontés, pendant une interview,
qu'il achetait des objets familiaux des habitants de
kahnawake. Elle a dit que c'était des moments
difficiles pour beaucoup et que beaucoup lui ont
vendu des objets. Elle lui a vendu son porte-bébé
indien (cradleboard) pour 5$, d'autres ont reçu
50 cents pour les leurs. Sa planche avait été acheté
pour elle par son père, alors qu'il travaillait loin,
et était gravée décorativement. Elle a aussi raconté
qu'il existait une poignée de gens dans la communauté
qui disait aux gens de ne rien lui vendre et de ne pas
lui parler, car c'était nos choses et qu'il ne devait
 pas les avoir.

La recherche de Waugh portait sur le matériel
culturel, la nourriture, la médecine, les rituels,
la mythologie et les plantes. La bibliothèque du
centre culturel Kanien'kehaka Raotitiohkwa a
une photocopie de ses notes de terrain.

Jeux et Tours de Ficelle Innus Appendice II La disparition mystérieuse de Waugh

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