John Lyman Cox (1866-1955) page 12

 Hommage
 

par
MARK SHERMAN
Pasadena, Californie

 

Appendice II

 

Voyages avec un bout de ficelle
par Mary L. Cox
à l'âge de 16 ans

 

Ecrit pour le cours d'histoire naturelle,
Pensionnat St. Catherine, Richmond,
Virginie, Automne 1939

La plupart des gens se souviennent des jeux de
ficelle, ou plutôt du berceau du chat, comme un
jeu qu'ils jouaient étant enfant, comme la corde à
sauter ou la marelle. On ne réalisait pas qu'ils
pouvaient avoir plus de valeur qu'un simple jeu.
Les jeux de ficelle ont une certaine valeur, même
pour les ethnologues, et ont été développés à
travers les siècles parmi les peuples primitifs.

L'emploi de la ficelle a été importante dans
l'histoire du développement des peuples, et
comme les hommes l'employaient, ils ont
tout naturellement joué avec. "Les jeux de
ficelle sont largement distribués car ils sont
réalisés à partir d'une matière d'importance
universelle. Une caractéristique de la culture
du matériel primitif est sa dépendance de la
 ficelle" (K. Haddon 1930:138). La ficelle n'est
pas la même dans chaque partie du monde, et
chaque sorte de "ficelle" reflète le contexte de
la race qui l'emploie. "Les Eskimos emploient le
tendon ou des lanières de peau de phoque, alors
qu'en Australie, les noirs emploient des tendons
de kangourous ou des cheveux humains - ou plus
communément de la fibre végétale" (K. Haddon
1930:138). La fibre de noix de coco est employée
dans les Iles du Pacifique (Jayne 1906:4), étant
donné qu'une grande partie des besoins vitaux,
sont fournis par le cocotier.



La valeur des jeux de ficelle repose sur les
hypothèses ethnologiques, mises en avant pour
expliquer les trous et les similarités dans leur
distribution. Pour être explicite, les jeux de ficelle
aident à prouver que les branches de la race
 polynésienne ont le même berceau d'origine, et
 sont peut-être apparentées aux tribus africaines.
"La connaissance de ce passe-temps était
certainement commune aux membres de la
lignée polynésienne, avant qu'ils ne se séparent
en différents groupes, étant donné que nous
avons pu le voir joué des Iles Hawai au
nord de la Nouvelle Zélande, au sud et très
loin vers l'est du groupe Hervey (A.C. Haddon
dans Jayne 1906:XViii). Il existe une figure
compliquée pour deux personnes, qu'on trouve
dans les Carolines et les Philipines, dont les
mouvements semblent exister juste pour le
plaisir de la manipulation. "Divers autorités
ont noté et révélé plusieurs analogies dans la
culture qui existent entre la Mélanésie et l'ouest
de l'Afrique, y compris la Côte de l'Or. La figure
évoquée ci-dessus est ....connue en tant que 'Dix
 Fois'.....et est connue nulle part ailleurs qu'en
Afrique de l'ouest"(K. Haddon 1930:126).

Une autre figure, appelée "Diamants Pygmées"
dans le livre de Mme Jayne,  String Figures
a été apprises d'un pygmée Batwa. "La nature
des Batwas et leur isolation au coeur de l'Afrique
ne nous amèneraient pas à supposer de trouver
parmi eux, une figure relativement compliquée,
et trouver des ressemblances à cette figure,
pourrait rendre les autres figures doublement
 intéressantes. Nous voyons au premier coup
d'oeil qu'elle a beaucoup en commun avec
les "Diamants des Iles Caroline" et la "Tortue"
(Jayne 1906:282). Il y a une explication:
"L'hypothèse mise en avant pour expliquer cela,
est que les cultures de l'Afrique de l'ouest et de
la Mélanésie, sont originaires de quelque part en
 Indonésie. De là, la culture s'étend vers l'est
vers la Mélanésie, et vers l'ouest vers la côte
est de l'Afrique, et à travers le continent"
(K. Haddon 1930:126 note en bas de page).

 

Il y a beaucoup de spéculations sur la distribution
de deux seules figures, une a été trouvée dans au
moins six endroits, et l'autre est similaire dans sa
popularité. Une de ces figures qui est vraiment un
tour de ficelle,  est connue en tant que Kebe Mokeis
"La Souris
" des Iles du Détroit de Torres. Un homme
a récapitulé sa distribution, lorsqu'il  dit qu'elle est
joué en  Afrique de l'est, par les pygmées Batwa,
dans le Détroit de Torres, par les Négritos des
Philippines, et Linas Maros par les Japonais, les
Eskimos de l'Alaska, et par divers Indiens des
 plaines de l'Amérique du Nord (Parkinson 1906:
141; Jayne 1906:340; A.C. Haddon dans Jayne:
xxii). L'autre figure est tout aussi universelle dans
sa catégorie, mais son nom varie avec l'endroit
où elle est trouvée. En tant que "La Laisse des
Chiens de Lochiel" est très connue en Ecosse,
en Irlande, et en Angleterre. Dans certaines
parties d'Irlande, elle est appelée "Pattes de
Canard", et le Révérend John Gray l'a rapportée
de l'Ile d'Eriskay dans les Hébrides Extérieures.
La même figure, appelée 'Pattes de Corbeau' est
trouvée parmi les Indiens Cherokee, et la tribu
 Ulungu, en Afrique, l'a nommée 'Cuillère en bois'
(Jayne 1906:116). Alfred Haddon dit "... Le Dr. W.
H. Furness a trouvé "La Laisse des Chiens de
 Lochiel", parmi les Kabyles d'Algérie, introduit
en France sous le nom de 'Pattes de Coq'" (A.C.
 Haddon 1906:142).

 


J. Andersen étudie un jeu de ficelle


A travers l'évocation de ces deux figures, on a pu
montrer l'universalité de ce jeu; mais l'Eurasie
offre un étrange contraste avec le reste du monde,
en cela qu'il existe peu de figures dans cette section
et, celles-ci ne méritent pas qu'on s'y attarde.
Lorsqu'elle est indiquée sur une carte, la
distribution a une parenté explicite aux branches
de la race humaine: "Dit de manière ethnologique,
cela signifie qu'alors que les peaux-rouge, les
 Eskimos, les marrons et les noirs tropicaux ont
ces figures, les blancs, les jaunes (Mongoloïde) et
le peuple asiatique de couleur marron en ont peu
ou pas" (K. Haddon 1930:4).

 

Les jeux de ficelle ne servent pas seulement comme
moyens de connecter des peuples racialement, mais
aussi de nous donner un intéressant moyen de nous
approcher de la religion et de la mythologie des
tribus primitives. Beaucoup de thèmes de mythes
ont été représentés dans les jeux de ficelle de
 l'Océanie, et sont souvent accompagnés d'une
histoire ou d'un chant (K. Haddon 1911:xv). Les
Eskimos jouent aux jeux de ficelle en automne pour
essayer d'attraper le soleil dans les mailles du jeu
de ficelle, et ainsi l'empêcher de disparaître pendant
l'hiver. Il existe une superstition qui dit, que les
garçons qui jouent aux jeux de ficelle, auront tendance
plus tard à avoir leurs doigts pris dans les cordes du
harpon, lorsqu'ils chasseront le phoque (K. Haddon
1911 :xv). Les Eskimos croient aussi dans "l'Esprit
des Jeux de Ficelle" qui réalise des jeux de ficelle avec
une ficelle invisible ou ses propres intestins. Il peut
être chassé lorsqu'on réalise 'le Premier Berceau' et
lorsqu'on dit certains mots (K. Haddon 1930:20).

 

Les natifs de la Côte d'Or montrent leurs dieux
dans leurs figures et ont un surprenante type de
religion pour de telles races primitives. Ces dieux sont:
un Suprême Etre, le Grand Dieu du Ciel; et la grande
 divinité Terre. Les natifs ont une saisissante série de
jeux de ficelle, montrant la Terre et le Ciel (K. Haddon
 1930:120). Des hommes blancs, en réalisant des figures
familières ou inconnues des natifs, peuvent ainsi briser
la glace, et découvrir ces figures, et plus tard les
mythes et les superstitions qui se cachent derrière. Ils
ont aidé les missionnaires à briser le mur de réserve
qui entoure les pensées des natifs, lorsqu'une
 personne blanche est proche. "Un Père de la Mission
 du Sacré Coeur, sur l'Ile Yule, en Papouasie, m'a
raconté avec enthousiaste combien ils l'avaient
 aidés dans son travail, avec les natifs des terres"
(K. Haddon 1930:7).

 

Bien que beaucoup de gens aient réalisé des jeux de
ficelle, peu réalisent qu'ils existent depuis des
milliers d'années, et que beaucoup de gens les
ont recueillis pendant plus de cinquante ans.
Kathleen Haddon parle d'eux dans son livre
Cat's Cradle from Many Lands . Le Dr.  Franz
 Boas a été le premier homme a en comprendre
la valeur, et à publier des descriptions qui
permettaient de réaliser plusieurs figures qu'il
avait recueilli des Eskimos. Mr. Harlan I. Smith
a publié les pas permettant de réaliser deux
figures des Indiens Salsh de la Rivière Thomson,
Colombie-Britannique. Pendant l'Expédition
Anthropologique de Cambridge vers le Détroit
de Torres, le Dr. W.H.R. Rivers et le Dr. A.C.
Haddon conçurent une nomenclature pour
décrire la réalisation de figures, et le
Dr. Haddon en a recueillies trente de là-bas.
Le Dr. Haddon a aussi influencé Mme Jayne,
et elle a recueilli des jeux de ficelle de natifs à
l'Exposition de St. Louis, les a publiés ainsi
que quinze nouvelles figures des Iles Caroline
dans un volume qui comprend une centaine de
figures. Le Dr. G.B. Gordon a recueilli des jeux
de ficelle en Alaska en 1905; et en Afrique, il
a été le premier à employer un terrain de chasse
pour les figures en 1904 par le Dr. W.A.
Cunnington et plus tard par le Dr. Haddon et
John Parkinson.Une collection de figures
vulgaires et insatisfaisantes ont été recueillies
des Iles Andaman, près de la côte de l'Inde, par
Mr. A.R. Brown (K. Haddon 1911:xii), mais il
existe seulement une figure recueillie en Inde -
'un Tour Dravidien' - qui a été montrée au
Dr. Haddon par Dr. S. Levinstein, qui l'avait
apprise à Leipzig d'une troupe de voyageurs
dravidiens. Des figures de cette source sont
rares, étant donné que le terrain est grandement
inexploré (Jayne 1906:345). Le Dr. W.E. Roth a
recueilli des motifs complexes finis du Nord du
Queensland et de la Guyane Britannique
(K. Haddon 1911:xii); et on dit que les Maoris de
la Nouvelle Zélande savent les faire également.
"Les Maoris ont de de nombreux jeux d'adresse,
ou de hasard, beaucoup d'entre eux sont tout à fait
similaires aux nôtres, comme les cerfs-volant, les
cordes à sauter, les jeux de ficelle..." (The
Historian's History of the World, XXII:264).

 

 William Cunnington avait l'intention de recueillir
des jeux de ficelle autour des grands lacs d'Afrique
Centrale, mais lorsqu'il questionna à Zomba, la
capitale de l'Afrique Centrale Anglaise, les
 habitants blancs ne savaient pas que les natifs
connaissaient de telles figures. Cependant il apprit
quelques figures de quelques hommes de la tribu
Yao, qui servaient dans la police militaire indigène,
et plus tard en a trouvées plus dans la campagne
autour du Lac Tanganyika. "Je crois que j'ai été
capable d'acquérir des preuves qui prouvent
clairement que les jeux de cette nature, sont bien
 connus dans le continent africain, et qu'une plus
ample investigation révélera plus de formes et
une distribution plus étendue." (Cunnington
1906:122).

 


L'anthropologue D. Eldson Best étudie un jeu de ficelle

 

Cependant, le Dr. Haddon dit de l'Afrique, "Bien
que j'ai demandé à plusieurs natifs des colonies
britanniques du sud de la Rhodésie, je n'en ai pas
trouvé un seul, qui puisse faire quelque chose d'un
bout de ficelle. Il serait absurde de conclure que les
jeux de ficelle n'existent pas parmi ces peuples, mais
je pense qu'ils doivent être rares, surtout dans le cas
des peuples Zoulous." (A.C. Haddon 1906:142).

 

Les Eskimos ont les figures les plus achevées et les
plus satisfaisantes, étant donné qu'ils ont eu une
longue période d'inactivité pendant l'hiver, ce qui
a permis de les développer. Ils ont été appelés les
"exposants les plus doués et les plus entraînés de
cet art." (K. Haddon 1930:14), et ils ont une figure

 qui représente avec justesse la scène de la première
mention de l'Alaska, dans les annales de l'Europe.
Lorsque Peter le Grand était empereur de Russie,
il envoya des hommes en voyages d'exploration
et de découverte. En 1732, on lui dit qu'il y aurait
peut-être une terre de l'autre côté de la mer de
Sibérie, et envoya un officier naval russe, Gvozdev,
dans le St. Gabriel pour le vérifier. Gvozdev
observa les Iles Diomède, et plus vers l'est, plus
de terres, l'objet de sa recherche, mais pensant
que c'était une autre île, et étant donné que le
climat était rude, il revint. Pendant le voyage de
retour, ils virent un Tchoukche dans un kayak, qui
leur parla du pays où il y a des forets, des rivières
et des animaux - Alaska (K. Haddon 1930:14).

 
Presque chaque pays s'est ouvert à ceux qui aiment
les jeux de ficelle, mais quelques uns sont d'un plus
grand intérêt que d'autres. Par exemple, l'Europe et
l'Asie sont pauvres en jeux de ficelle (K. Haddon
1930:3), mais des Berceaux du Chat ont été rapportés
du Danemark, d'Allemagne, d'Autriche, de Suisse,
de France, et de Hollande, bien que sans détails
(A.C. Haddon dans Jayne 1906:xiv). Les îles du
Pacifique sont plus riches en matériel, et les parties
septentrionales de l'Afrique - Tanganyika, Ouganda,
Nyassaland, Rhodésie, Afrique de l'est portugaise,
Congo Belge, et les régions de la Côte d'Or et la côte
des Esclaves - fournissent des exemples intéressants
(K. Haddon 1930:2). Les Amérindiens ont été analysés
par beaucoup d'hommes, couvrant une multitudes
 de tribus; Un Mr. Culin est spécialisé dans les figures
Tewa et Zuñi; le Dr. Haddon à Pawnee, figures
Omaha et Cherokee; John L. Cox à Klamath, Texas,
figures Omaha et Onondaga, et Caroline Furness
Jayne a découvert des figures Navajo, Osage,
Chippewa, et Apache (Jayne 1906:2).

 

Une des valeurs à ajouter aux jeux de ficelle est
leur large distribution, qui permet de croire à
leur extrême âge. "Primitifs ils ne pourraient pas
l'être...étant donné que le plus lointain d'entre eux
pourrait venir loin dans l'enfance des hommes."
(Meyers dans K. Haddon 1930:viii). Ils sont une
partie distincte de l'art de presque chaque race
primitive - "La réalisation des jeux de ficelle est
un art des plus anciens" (Meyers dans K. Haddon
1930:viii)..., et leur origine est plus naturelle que
la sculpture primitive (K. Haddon 1930:139).


Lorsqu'un homme, dans les phases de
développement de son art, réalise quelque chose
par accident, comprend qu'il pourrait avoir une
ressemblance avec un objet quotidien de sa vie,
et essaie de le réaliser à nouveau, il réagit
certainement plus naturellement que s'il voyait un
objet et que, délibérément aurait l'intention de le
copier avec du bois ou une pierre. Bien sûr,
beaucoup de motifs employés dans l'art des
peuples comme les Amérindiens, sont pris de la
nature qui les entoure, comme les Egyptiens ont
employé le papyrus en tant que motif, lorsqu'ils
faisait du papier avec. La région où vivent les
Navajos est un demi-désert, et il y a de violents
orages. Les artisans emploient les symboles
d'éclairs et de nuages orageux sur leurs
couvertures (K. Haddon 1930:46) et dans leurs
bijoux. "Les Navajos sont aussi experts en
orfèvrerie et réalisent de beaux bracelets et
d'autres ornaments" (The National Encyclopedia,
 Vol. 7, p. 202).

Mis à par les Navajos, il y a aussi les natifs de
la Côte d'Or, et les îliens Kiwai de Papouasie
qui emploient des motifs de leurs entourage, qui
sont aussi représentés dans leurs figures. La
Côte d'Or, est ainsi nommée à cause des
premiers explorateurs des ornements indigènes
en or, et qui avaient été employés comme
monnaie d'échange au dix-septième siècle.
Les indigènes sont des travailleurs de métaux
doués, et une figure montre  une 'Casserole en
Laiton pour le Pesage de l'Or.' Ils ont inventé
un ingénieux arrangement de soufflets pour leur
travail de métaux, et deux figures montrent le
travail des soufflets (K. Haddon 1930:125). "Les
Papouasiens Kiwai sont principalement une race
d'agriculteurs, et cela est montré dans leur art
décoratif, dans lequel il y a un grand nombre de
motifs de plantes" (K. Haddon 1930:73).

 

Ces figures que nous avons mentionnées ici ont
montré la parenté entre l'art des peuples et leur
environnement, mais chaque figure en elle-même
reflète la vie de la race qui le réalise. Les
Esquimaux réalise des figures qui ont des noms
comme 'Le Kayakiste et les Montagnes', 'Un
Homme Pêchant un Saumon', 'Caribou dans les
Saules
' et 'Un Filet Déchiré par les Ours Polaires.'
Les figures tropicales sont:
'Corail Branchu',
'Un Cocotier', et 'Chasseurs de têtes'. "Ce n'est pas
seulement les figures qui reflètent les différents
environnements, le style des figures est différent."
(K. Haddon 1930:142).

 

Dans les figures africaines, australiennes et
océaniennes, les orteils sont souvent employés
comme les doigts. Pas une figure des Esquimaux
ou amérindienne n'emploient les orteils, étant
donné que les chaussures en peau des uns et les
mocassins des autres, ont fait oublier à ces races
que les orteils peuvent être employés de
différentes manières (K. Haddon 1930:20). Les
Esquimaux utilisent des chiens toute l'année pour
le transport, en hiver ils tirent les traîneaux, et
en été ils transportent des sacs. Une figure
esquimaude d'Alaska montre un chien tirant un
traîneau, alors que faite par un Esquimau sibérien,
c'est un renne qui le tire, étant donné que cette
race a domestiqué le renne.

 

Même le type de climat peut être raconté dans
leurs figures même si elles ne montrent pas
d'éclairs ou de nuages orageux. "Les orages sont
extrêmement rares en Arctique."

 

D'autres races représentent leur environnement
d'à peu près la même manière. On pourrait
s'attendre à ce que les tribus africaines aient
des figures d'animaux magnifiques. En fait,
bien que les tribus de la Côte d'Or soient
familières avec la vue des éléphants,
hippopotames, lions, antilopes et les singes,
la seule figure qu'on pourrait classifier d'animal
est,  'Peau de Léopard.' Le léopard est le seul
animal qui attaque systématiquement les
troupeaux de moutons et de chèvres, que les
indigènes gardent pour améliorer leur régime
essentiellement végétarien (K. Haddon 1930:122).
Une autre race qui montre ses tendances
végétariennes est celle des Papous Kiwai. Ils
sont une race d'agriculteur, comme on peut le
 déduire du fait que "presque qu'un quart de leurs
jeux de ficelle recueillis représente des plantes, ou
sont d'une certaine manière apparentés au
jardinage." (K. Haddon 1930:73). Les noms de
leurs figures correspondent à leurs intérêts -
'Hommes allant jardiner,' un 'Cocotier,'
'Sagou,' 'Anguille,' 'Crocodile,' 'Tortue,'
et 'Crabe,' montrent leur vie sur et près de
l'océan. Il existe la même superstition sur les
jeux de ficelle pendant la saison de la pêche de
tortues, parmi ces peuples que parmi les Esquimaux
et les chasseurs. Ils ne sont pas autorisés à jouer
aux jeux de ficelle à ce moment là, et briser cette
règle "apporterait le malheur sur les pêcheurs de
tortues, ils pourraient être pris dans les cordes du
harpon et emportés par la mer..." (K. Haddon
1930:76). Ces exemples ne sont pas les seuls, mais
devraient montrer graphiquement, que bien
qu'inconnus de la plupart des peuples de race
blanche, les jeux de ficelle ont beaucoup d'adeptes
dans d'autres races et sont importants pour tous.
Les jeux de ficelle sont une partie intégrale de
beaucoup de peuples, reflètent ce qu'ils sont, l'art,
l'environnement, la culture générale et les idées de
chaque race. A travers eux, nous pouvons mieux
comprendre les peuples inconnus, des coins éloignés
du monde.

 

 

Littérature citée

 

Haddon, K. (1911) Cat's Cradle from Many Lands.
New York: Longmans, Green and Company.
Haddon, K. (1930) Artists in String. London: Methuen
Jayne, C.F. (1906) String Figures. New York: Charles Scribner's Sons
Cunnington, W.A. (1906) "String Figures and Tricks from Central
Africa." Journal of the Royal  Anthropological Institut XXXVI:121-131.
Parkinson (1906) "Yoruba String Figures."
Journal of the Royal Anthropological Institut XXXVI:132-141.

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