Les jeux de ficelle et les berceaux du chat de Palau 6

par le

Père Raymund, de l'Odre des Capucins,
Palau, Iles Caroline (Mers du Sud)

 

Introduction



Comme dans notre patrie l'Allemagne, les jeunes gens
ont leurs passe-temps, et alternent leurs jeux et
amusements, alors que les saisons changent - après
les distractions hivernales suit le jeu du soldat, du ballon,
la toupie, les billes, etc. - à Palau aussi apparaît une
nouvelle sorte de divertissements à presque chaque
changement de lune. Un jeu en suit un autre. Chaque
fois que le travail communautaire, la pêche aux poissons,
les danses ou les visites cérémoniales entre des villages
entiers, n'offrent pas de diversion et de passes-temps
aux esprits actifs des jeunes gens, ils se tournent vers
leurs jeux variés.

 

Par exemple, durant plusieurs semaines, on a vu de
jeunes garçons de Palau, inséparables, avec sarbacanes
et flèches, comme s'ils poussaient ensemble; chaque
petit oiseau et chaque animal dans les arbres et les
buissons, chaque noix de coco par terre, est une cible
pour leurs matchs de tir. Dans toutes les allées et les
zones publiques, des jeunes gens sont assis, et taillent
des flèches de remplacement. Après les sarbacanes,
suit la lance, selon la force de leurs bras, la lance est
faite d'une tige de fin bambou dotée d'un bout en fil
de fer ou un clou, ou une lance de guerre lourde
pour les mains fortes d'un homme. De bon matin
jusque tard dans la nuit, les jeunes gens font du bruit
sur la plage de sable ou dans des zones herbeuses,
et s'exercent en jetant des lances. Puis, vient le temps
où l'on ne voit pas un enfant, un garçon ou un fille,
sans une balle cubique, qu'ils ont eux même tressée
de feuilles vertes de cocotiers. Lorsque plusieurs
enfants se rencontrent, la balle est envoyé d'un
coup de pied dans les airs, encore et encore, par
quiconque du voisinage, qui se trouve là où la
balle atterrit. On se moque de celui qui rate ou laisse
 tomber la balle. Puis le temps de la guerre arrive,
les jeune Palauans sont ornés de fleurs, de rubans
de noix de coco, et de pigments jaunes, et armés de
bâtons de bambou, ils courent dans la brousse et la
steppe, imitant la guerre et les danses guerrières des
vieux hommes. Pendant ce temps, les jeunes filles
jouaient aux jeux de ficelle.

 

Je me trouvais dans ces îles depuis un an ans et
demi, mais je n'avais pas vu aucun vestige de ce
jeu. Soudain, il apparut; en quelques jours, chaque
fille, chaque jeune femme avaient avec elles une
fine ficelle de tille ou une longue bande fine de
feuille séchée de pandanus pour jouer aux jeux
de ficelle, partout, quand leurs mains sont libres,
dans l'allée, à la maison, dans le canoë, dans le
champ de taro. Le moment du jeu dure à peu près
deux mois; puis le jeu disparaît et quelque chose
d'autre apparaît à la place.

 

Le jeu de ficelle m'a beaucoup intéressé; je me suis
senti enclin à chercher différentes formes et
variations de celui-ci. Etant donné que les habitants
de plusieurs îles du voisinage, comme Bur (à
proximité de Sonsorol), Yap, les Marianes, Ponape,
etc., devaient connaître et jouer aussi à ce jeu,
ce serait, sans aucun doute, très important et
intéressant de réaliser un synopsis et une
comparaison de ses diverses formes et interprétations.

Les chalidebáol ou jeux de ficelle sont d'anciens jeux
de Palau, qui ont été transmis des mères aux enfants,
d'une génération à une autre. Mais aujourd'hui, peu
d'autochtones sont capables de jouer à ce jeu.
Seulement, à grand peine, après avoir beaucoup
cherché et demandé dans différents visages, que j'ai
été capable d'en recueillir beaucoup. A la saison du
jeu, les enfants réalisent presque toujours les mêmes
jeux, les plus simples, ceux qu'on appelle les jeux
"on prend (taking off)" (berceau du chat). Les formes
les plus parfaites, les variations diverses, sont connues
seulement un ou deux vieux chefs, et peut-être par sa
femme et ses enfants. Dans plusieurs districts, le jeu
semble avoir littéralement disparu. Encore combien de
temps - certainement dans peu de temps - avant que
ce beau divertissement ne disparaisse entièrement de
 Palau! Ici, c'est une chose, une coutume, une
conception qui très bientôt, appartiendra aux choses
du passé, au klalo archuódel, la croyance dans les
fantômes et l'argent de Palau exceptés.

Le Palauan fait remonté l'origine de ces jeux au
chalid, c'est ainsi qu'il décrit toute les choses dont
l'origine est inconnue et inexplicable à lui, [par
exemple] l'argent indigène, le feu, la terre, et la mer,
sont imputés au chalid. Ici, dans ce cas, il suppose que
le chalid est ces fantômes ou entités plus hautes qui
habitent une terre magnifique au-dessus de l'actuel
Palau. Pendant des visites ponctuelles à Palau, ils
ont donné, comme cadeau aux habitants, l'argent
précieux, le feu, le taro, et - entre autres choses -
ce jeu. D'où le nom chalidebáol signifiant par
essence, cadeau du chalid.

 

Les objets qui sont symbolisés par les jeux de ficelle
viennent partiellement de la nature, et montrent
les formes d'un puits, de fruits, poissons etc., mais
la plupart d'entre eux sont apparentés avec
l'histoire ou les mythe de Palau. Très souvent sont
mentionnés des villages, dont l'emplacement original
n'est pas connu de nos jours. De même, la plupart des
noms personnels mentionnés dans ces jeux, sont
pour les Palauans d'aujourd'hui, seulement
légendaires.

 

On dit que plusieurs chants et jeux ont été donnés aux
Palauans, directement de la main et de la bouche
d'un chalid, comme si un d'entre eux personnellement
a tissé les ficelles et a dit les mots. Plusieurs jeux
semblent être moins ingénieux et presque insignifiants,
c'est le signe que ce sont des inventions plus récentes
de Palau.

 

Les chalidebáol sont divisés en deux groupes:
les jeux on prend (taking off) (berceau du chat)
et les jeux de ficelle simples. Les premiers sont
pour la plupart très simples et par conséquent
les jeux préférés des petits enfants. Lorsqu'un
enfant a fini une figure avec sa ficelle, une amie
prend les ficelles, et ainsi une nouvelle forme, un
 autre motif apparaît.

 

Tout d'abord, j'attribue aux jeux du berceau du chat,
tout ceux dans lesquels une personne prend les
ficelles d'une autre, et en le faisant crée ainsi un
nouveau motif. Ce sont les numéros 1-8. Les numéros
9-12, sont aussi attribués à cette catégorie, car pour
les créer, deux personnes sont nécessaires. Tous les
autres jeux sont créés par seulement une seule
personne.


Usuellement, on a besoin de seulement une seule
ficelle; seuls les numéros 9, 10, 12 et 54 exigent
deux ficelles, qui se s'enlacent [alors que le
motif se forme].

 

Les jeux de ficelle simples qui sont réalisés par
une personne, sont plus ingénieux et variés.
Pour créer les différentes figures, pour plier
les ficelles, prendre, libérer, passer une ficelle
au-dessus une autre, on a souvent besoin de plus
de deux mains, mais avec l'aide des dents et des
orteils les femmes palauennes sont capables de
le faire toute seules. C'est merveilleux de voir
combien elle est à l'aise avec les nombreuses boucles
 et noeuds, et la vitesse avec laquelle une figure en
suit une autre.


Beaucoup de jeux nous montrent l'objet représenté
seulement une fois, qui se finit comme une entité
autonome, alors que les autres jeux montrent la
création de l'objet, exprimé dans plusieurs phases
et positions.


Lorsqu'un mouvement se produit dans le jeu, il est
toujours décrit dans le texte.
Lorsque les mains manipulent les ficelles, l'exécutant
dit le nom du chalidebáol correspondant. Si le jeu a son
propre texte, l'exécutant récite la portion du texte qui
 est liée à la figure créée.


Seul un jeu (N°. 51) m'a été décrit par plusieurs
informateurs comme étant un jeu étranger, mais
d'autres m'ont dit qu'il était originaire d'un ancien
mythe palauan. La plupart des noms sont
compréhensibles; j'ai donné la traduction littérale
presque chaque fois. De même, j'ai traduit le texte,
qui est récité pendant le jeu, presque littéralement.

En dépit de tout mes efforts, je n'ai pas toujours pu
citer l'essence de la légende. Un texte exact n'existe
pas, un Palauan le raconte d'une manière, un autre
autrement.

Ressources

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