Caroline Furness Jayne 2

Hommage

 

(1873-1909)

par

Michael D. Meredith
Amarillo, Texas


BIOGRAPHIE


Caroline Furness Jayne est née Caroline Agusta
Furness le 3 juillet 1873 dans la propriété familiale
 des Furness, Lindenshade, à Wallingford,
Pennsylvanie, la banlieue de la Philadelphie.
Son père était le célèbre spécialiste shakespearien
Horace Howard Furness, dont les éditions variorum
des pièces de Shakespeare sont encore précieuses
maintenant. Sa mère était Helen Kate Rogers, elle-
même une
spécialiste shakespearienne assez célèbre.
(Concordance to Shakespeare's Poems - 1874), est
morte le 30 octobre 1883.

Caroline Jayne avait trois frères plus âgés,
Walter Roger Furness, Horace
Howard, Jr et
William Henry Furness, 3ème.
Horace Howard, Jr
était un diplômé d'Harvard et a enseigné la physique
à l'Université de Pennsylvanie jusqu'en 1901, lorsqu'à
cause d'une controverse sur ses qualifications, il a
 commencé à seconder son père sur le Variorum de
Shakespeare. William Henry Furness, 3ème diplômé
 d'Harvard en même temps que son frère
aîné et était
un docteur qui est devenu un anthropologue de renom.
Il a présenté
Caroline Jayne au Dr. A.C. Haddon l'été
1904, une rencontre qui a marquée le début de son
 odyssée dans le monde des jeux de ficelle.

D'après les références dans son livre et une autre
information biographique,
William Henry Furness,
3ème était le plus proche de ses frères. Il n'a pas
seulement présenté Caroline
Jayne au Dr. Haddon,
il a contribué directement à son livre et a été impliqué
dans l'effort pour sauver sa vie en 1909, et aussi pour
l'éducation de ses enfants, lorsqu'elle est morte.
Caroline le cite fréquemment dans son livre et il est
clair qu'ils étaient très proches.

Le sobriquet de Caroline Jayne dans sa famille était
 Polly, et elle a été éduqué à l'Ecole Agnès Irwin à
Philadelphie. Cette école n'était pas une école d'arts
d'agréments de la haute société pour de jeunes filles
riches, mais était l'équivalent d'un enseignement
supérieur court. Agnès Irwin était une directrice
célèbre, et est devenue la doyenne du Radcliff College,
et en fait, l'école
Agnès Irwin existe encore de nos
jours. Le père de
Caroline Jayne a aussi contribué à
son éducation en lui enseignant le latin si bien,
qu'elle traduisit, en 1881, l' "Ode à Sestus" d'Horace,
qui a été publié dans le numéro de juin du Magazine
de Lippincot.

Le 10 octobre 1894, Caroline s'est mariée avec le
Dr. Horace Fort Jayne, un biologiste renommé
et un maître de conférence à l'Université de
Pennsylvanie. Le
Dr. Jayne était de 14 ans son aîné,
mais ce n'était pas un fait inhabituel à l'époque. Le
Dr. Jayne venait d'un milieu riche indépendammant
de toute considération financière, grâce à l'usine
pharmaceutique de son père, et était membre, comme
toute la famille Furness, de la société de Philadelphie
des nantis. Les Jayne vivaient dans une maison de ville
à
Philadelphie, en assurant tout aussi bien l'entretien
d'une maison d'été dans la propriété de Lindenshade.
Le
Dr. Jayne est mort le 8 juin 1913.

Caroline et Horace Jayne avaient deux enfants, Kate
Jayne et Horace Furness Jayne. Son fils Horace a
achevé l'édition et la publication d'un set de deux volumes
des lettres de son grand-père, en 1922, un projet commencé
par son oncle
William Henry Furness, 3ème. Son fils est
devenu un archéologue et l'un des plus grands sinologues
américain et expert en art oriental.
Horace Jayne a été
 diplômé du lycée à 13 ans et de l'Université de Harvard
à l'âge de 17 ans avec deux diplômes. Il a accompagné
 Roy Chapman Andrews dans sa seconde expédition dans
le désert de Gobi vers  1920.
Horace Jayne est le jeune
garçon réalisant la figure "Eclairs", dont la
photographie apparaît au début du livre String Figures.
 
Horace Furness Jayne est mort en 1976. Sa soeur Kate
Jayne s'est mariée, a eu trois enfants et est morte en 1941.

Caroline Jayne a rencontré le grand anthropologue anglais
le Dr. A.C. Haddon dans la maison familiale de Lindenshade
dans l'été 1904. Elle a été présentée par son frère
William
Henry Furness, 3ème, qui était un collègue du
Dr. Haddon
et qui a employé la technique d'Haddon pour recueillir des
jeux de ficelle au cours de ses propres recherches dans
les Iles Caroline. Le
Dr. Haddon, ainsi que le Dr. H. R.
Rivers, avaient deux ans plus tôt, créaient la première
nomenclature destinée à décrire la construction des
jeux de ficelle. Caroline, dans son livre, a créé une
nomenclature tout aussi valable, plus appropriée au
grand publique. Son style de décrire la construction des
jeux de ficelle a été employé dans des livres pour le
grand publique, et tout aussi bien dans des journaux
scientifiques.

Dans sa préface
du livre String Figures, Caroline Jayne
remercie le Dr. Haddon, qui l'a en premier introduite
à cet art (Jayne 1906:v). Le
Dr. Haddon l'a aussi
encouragée à faire des recherches à l'Exposition
mondiale de St. Louis de 1904, et lui a aussi donné
accès à sa considérable collection de jeux de ficelle
et de photographies. A la suite de ses conversations
avec le
Dr. Haddon, Caroline Jayne a visité

l'Exposition mondiale de St. Louis pendant les mois
d'août, septembre, octobre et novembre de 1904, et
là-bas, avec l'aide d'
anthropologues renommés, a
recueilli un nombre considérable de jeux de ficelle,
de contingents natifs variés.

Le livre de Jayne est rempli de références
anthropologiques, et d'analyses, qui montre qu'elle
a fait des recherches poussées aussi bien académiques
que sur le terrain. Elle a employé les installations
de recherche et les ressources de l'Université de
Pennsylvanie, dont son père était un administrateur,
son mari le Doyen de la Faculté pour l'Ecole des Arts
et des Sciences, et où au moins deux de ses frères
enseignaient. En plus de ses propres recherches, elle
a été loin pour se servir des ressources
d'anthropologues, qui n'étaient pas associées avec
l'
Université de Pennsylvanie.

Caroline Jayne a employé chaque collection de jeux
de ficelle qu'elle connaissait et a cité  toute la
 littérature actuelle sur le sujet. Dans
String Figures,
Caroline
Jayne évoque un jeu de ficelle recueilli
dans le Grand Canyon, en Arizonie (Jayne 1906:58).
Cette figure a été recueillie pendant un périple dans
le sud-ouest américain, organisé par son mari,
Horace Fort Jayne en 1906.
Caroline Jayne a
emmené toute sa famille y compris les enfants ,
dans un voyage dans l'Arizonie et le Nouveau
Mexique, dans une voiture privée, et Jayne fait
plusieurs références au gens à Gallup,
Nouveau

Mexique, et du Grand Canyon qui lui ont montrée
des jeux de ficelle.

Un fait frappant que nous apprenons sur
Caroline
 
Jayne, en lisant son livre, est sa maîtrise de la
langue anglaise. Le livre a très peu de mots
multisyllabiques et ceux-ci sont généralement des
termes anthropologiques. Le style est clair, la syntaxe
simple et bien organisée, et les illustrations sont si
bonnes qu'elle ont servi de standard à de nombreux
livres et articles, depuis.

Dans sa préface du livre
String Figures, Caroline
 
Jayne remercie Mme Morris Cotgrave Betts pour
son talent et la justesse de ses dessins.
Mme Betts
était Helen M. Pennington Betts qui était née à
Philadelphie le 22 janvier 1878. Elle était diplômée
de
l'Université de Pennsylvanie. et s'est mariée à
Morris Cotgrave Betts le 31 mars 1902.
Mme Betts
avait quatre enfants et était la leader du gotha de
Philadelphie.
Mme Betts pourrait avoir un lien de
parenté avec Anna Whelan Betts, une artiste et
illustratrice renommée de cette époque.

Caroline Jayne avait un large cercle d'amis et
de connaissances, d'après les nombreuses références
aux personnes qui l'ont aidée dans sa recherche.
Elle était la membre d'une famille qui était à la
pointe de l'intelligentsia de cette période. Son père
était un ami de Walt Whitman, Thomas Carlyle,
Ralph Waldo Emerson, et d'autres écrivains et
philosophes de cette époque. Il a pris sa famille,
y compris
Caroline Jayne, en Angleterre en 1880,
et était accompagné par Edwin Booth, le grand
acteur américain et frère de John Wilks Booth.
C'est pendant ce voyage que le frère d'Horace
Howard Furness, le grand architecte victorien,
Frank Furness, remodela Lindenshade, la
convertissant d'une petite maison de campagne
en un manoir comportant treize chambres à
coucher, avec des serviteurs. Owen Wister était
un ami proche du frère de
Caroline Jayne,
Walter Furness, et restait souvent à Lindenshade,
accompagné par des personnalités comme
Henry James et Henry et Emile Folger.

Caroline Jayne était dans une parfaite position
pour rassembler, réunir et synthétiser tout le
matériel sur les jeux de ficelle disponible à cette
époque. Elle a, à travers son livre, concentré son
étude sur le terrain.
Caroline Jayne a rendu
disponible, à travers son livre
String Figures,
les collections majeures des jeux de ficelle de
ce temps. En plus de tous ces efforts, elle a eu le
 temps de commanditer en fait au moins un
anthropologue de terrain, le Dr. George B.
Gordon, pour qu'il recueille des jeux de ficelle
pour elle dans une de ses expéditions.

L'aspect le plus étonnant du livre
String Figures,
est la courte période de temps, que
Caroline Jayne
a pris dans sa conception, son écriture et sa
 publication. Elle connaissait apparemment très
peu de jeux de ficelle, avant qu'elle ne rencontre le
Dr. Haddon dans l'été 1904. Le livre a été publié
avant juin 1906, étant donné qu'on en a fait la
critique en juillet de cette année. Donc tout le
projet a été achevé en moins de deux ans. Une
tâche vraiment herculéenne en ce temps dénué
d'ordinateurs. La profondeur de la recherche de
Caroline Jayne est vraiment  à couper le souffle
lorsqu'on considère l'énorme activité physique
nécessaire pour recueillir toutes ces figures, les
traduire dans une nomenclature  appropriée, et
préparer et vérifier toutes les illustrations. Dans
l'appendice de son livre,
Caroline Jayne énumère
plusieurs références et des collections de jeux de
 ficelle
employées par elle dans sa recherche. Si
cette documentation est restée dans la famille,
elle a certainement été perdue pendant le
remodèlement de Lindenshade après la Deuxième
Guerre Mondiale.

Le portrait de
Caroline Jayne qui accompagne
cet article, a été peint par William Merrit Chase,
le premier artiste Américain de ce temps, et est
une vrai reflet du génie de Chase.

Et maintenant, la partie triste de mes recherches,
Caroline Furnes Jayne a contracté une fièvre
typhoïde en juin 1909. Elle a reçu les meilleurs
soins médicaux de ce temps, mais est morte de
 la maladie le 27 juin 1909 et a été enterrée dans
le Cimetière Woodlawn à Philadelphie. Sa
mort a été un tel évènement dévastateur, que
ni son père, ni son mari ne s'en sont remis.

Dans sa critique du livre
String Figures, le
26 juin 1906, dans le numéro du magazine
 "The Nation"le critique fait la déclaration
suivante à propos des personnes qui trouvent
de l'amusement dans l'inventivité novatrice:

"...pour ceux qui peuvent bien imaginer que le
livre
String Figures, fera un compagnon
distrayant en été dans le porche ou en hiver
près du foyer.
"

Frederick Starr dans
sa critique dans le numéro
du 1 juin 1907 du magazine "Dial", il déclare:

"Le livre est l'entrepôt de la récolte de si loin
réunie, et est la source d'où tous les prochains
travaux et études, dans ce domaine, se
développeront"


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