Kathleen Haddon (1888-1961) page 2

Hommage

par Henry Rishbeth
Southampton, Angleterre

  
Kathleen a étudié à Perse School for Girls à Cambridge,
et en 1907 elle est entrée au Newnham College, un des deux
premiers collèges pour femmes à
Cambridge. Elle a obtenu sa
licence avec mention en Sciences Naturelles (Zoologie) en 1911
quoique, comme les autres femmes qui avaient étudié à
Cambridge, elle ne pouvait pas formellement le recevoir avant
1948. Elle a été la première femme à avoir été nommée
 Démonstratrice au Département de Zoologie, un poste
académique du premier cycle, qu'elle a détenu de 1911 à 1914.
Ses articles de recherche sont très bien illustrés avec des
dessins à la main, même si les vers à soie, les mille-pattes et
autres créatures qu'elle a disséqué et décrit, peuvent être
assez inintéressants. Avec sa mère et sa sœur Mary, elle a
accompagné son père dans une long séjour en Amérique
du Nord en 1909. Kathleen et Mary ont aidé à la collecte
des jeux de ficelle sur la côte de l'Alaska et ailleurs. Sa plus
grande aventure était encore à venir.

En 1914, Alfred Haddon a visité le Détroit de Torres et la
Papouasie pour la troisième et dernière fois, prenant Kathleen
avec lui en tant qu'assistante et photographe. Un de ses devoirs
était de recueillir des jeux de ficelle, ce qu'elle savait déjà
faire; son premier livre, Cat's Cradle from Many Lands, avait
été publié en 1911. Elle partageait le sentiment de respect
de son père envers les indigènes. En visitant des villages isolés,
certains d'entre eux n'avaient jamais été visité par une femme
blanche, elle était dans une position spéciale. Elle avait le
privilège d'accompagner son père et de prendre des photos
d'hommes et de leurs parents, quelque fois même dans le
ravi (maisons de rencontre pour des cérémonies religieuses)
dans laquelle nulle femme indigène n'aurait osé entrer.
Mais elle pouvait aussi approcher des femmes et des enfants
(ce que son père ne pouvait pas faire), sortir sa ficelle, et
apprendre de nouveaux jeux de ficelle. S'en souvenir, et
les noter dans le système de notation de Rivers et Haddon
(1902), doit avoir été une
énorme prouesse de mémoire.

Son compte-rendu du voyage de deux mois dans les îles
du Détroit de Torres et le continent Papou, bien évidemment
écrit peu de temps après en 1915, est paru seulement en 1999.
Ses 136 pages d'écriture bien tapées se lisent merveilleusement
bien. Pratiquement tous les déplacement se faisaient par
voie d'eau - bateaux à vapeur, des lougres indigènes, des
motor lauches, des canoës - mis à part quelques périples à
travers la
forêt
pour recueillir des spécimens zoologiques.
Les voyages quotidiens, les rencontres avec les gens et
 l'apprentissage de leurs "jeux de ficelle",
les rencontres
avec les créatures (chiens, cochons, araignées, mille-pattes,
crocodiles...), l'hospitalité des missionnaires, des
négociants et des officiers du Gouvernement, les caprices
du temps, et le vent et la marée, le problème récurrent du
développement et de l'impression des films photographiques
et des plaques, dans le climat tropical (souvent avec une
pénurie d'eau propre), le régime à base de conserves, la
tristesse du mal de mer - tout est là. Voici une des
nombreuses histoires qui animent les pages:

SUITE


 

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