Kathleen Haddon (1888-1961) page 3

Hommage


par Henry Rishbeth
Southampton, Angleterre

Après une petite conversation générale mon père leur demanda
si quelqu'un pouvait faire du feu "à l'ancienne",
et deux hommes
se portèrent volontaires. L'un d'entre eux fit un petit trou dans un
bâton posé à plat sur le sol, pendant que l'autre prenait un autre
bâton, plaçant un bout dans le trou, et alors il le tourna
rapidement entre ses mains. Ils avaient auparavant mis des fibres
de noix de coco en-dessous pour servir d'amadou, et cela a
bientôt commencé à rougeoyer, là où ils soufflaient. Nous avons
chronométré la procédure et trouvé que les hommes obtenaient
de la fumée en cinquante secondes, toute l'affaire prenait très
peu de temps. Après avoir exprimé ma satisfaction de la
 démonstration, je sortis une ficelle pour essayer d'apprendre
quelques uns de leurs jeux de ficelle.

Lorsque mon père se trouvait dans l'île en 1898, il avait recueilli
à peu près trente jeux, qui diffèrent de ceux joués dans les îles
anglaises, car ils se jouent avec un seul joueur. Etant donné
qu'ils ont été
recueillis d'indigènes presque partout dans le
monde,  j'ai saisi l'occasion offerte par le voyage pour
compléter la collection. Partout où nous sommes allés,
nous avons trouvé des jeux de ficelle, et un bout de ficelle
fait une carte de visite d'introduction idéale; les indigènes
étaient charmés de voir que des personnes blanches
s'intéressaient  à leurs passe-temps, et ils étaient si désireux
de m'enseigner des jeux de ficelle que je voulais apprendre
et devenaient amis sur le champs. En cette occasion, j'ai
trouvé un excellent enseignant, David, un diacre de l'église,
qui m'a appris quelques charmantes figures, y compris une
représentant une chenille qui rampe de manière vivante
sur votre genou. Après en avoir appris plusieurs, je leur en
ai montrés quelques d'autres pays, y compris "l'Eclair"
américain indien, qui apparaît brusquement, d'une
manière très réalistique. Aussitôt qu'ils ont compris ce
que c'était, ils étaient très contents et j'ai du la refaire
et la refaire, la maison tout entière était pleine de gens
qui criaient de joie après chaque éclair. Voyant cela, David
décida qu'il devait l'apprendre, ce qu'il fit avec une
 surprenante rapidité, et lorsqu'il produisit un éclair,
cela effondra presque la maison.

Parmi les nombreux épisodes sur les jeux de ficelle, il y en
a deux  qui mentionne les figures qu'elle a recueillies:


Ile Buniki: Naturellement, je sortis aussitôt ma ficelle et à
ma grande joie, ils m'ont montré une nouvelle figure que
j'ai apprise. Elle représente un objet plutôt sinistre, à avoir
une plate-forme sur un arbre où ces personnes posent les
morts, ou comme ils le décrivent de façon plus pittoresque,
'homme mort, il dort'.

Mailu: Après avoir photographié  les étapes successives
de la fabrication d'un pot, mon père et le Dr. Malinowski
travaillèrent ensemble, pendant que j'apprenais des jeux
de ficelle. Après en avoir trouvé un ou deux ordinaires, on
m'en a montrée un formidablement long, le plus long que
j'avais jamais vu, illustrant la vie d'un crabe. J'ai commencé
à l'apprendre, et lorsque mon père est venu une heure plus tard,
je n'avais pas fini; comme c'était l'heure du déjeuner, il a noté
ce que j'avais appris et nous avons laissé le reste pour plus
tard...  J'ai découvert dans l'après-midi, que les enfants de la
mission connaissaient le jeu de ficelle, que j'avais essayé
d'apprendre le jour précédent, et donc j'ai été capable de
l'apprendre entièrement à loisir. C'était très long et très
compliqué et il n'y avait pas de séquences claires de
mouvements. Bien qu'il ressemblait légèrement à d'autres
figures sur certains points, cette ressemblance était plus une
interférence qu'une aide, car il y avait toujours des
mouvements qui étaient différents et cela bien sûr je devais
m'en souvenir. Je me suis sentie fière lorsque je l'ai finalement
maîtrisé et l'ai vu écrit; alors j'ai pu apprendre d'autres figures
et tours, et ai passé une heure des plus amusantes avec les
enfants de cette manière.

Elle raconte comment son père s'est retrouvé coincé,
lorsque ses jambes ont glissé entre les morceaux de bambou,
qui formaient un pont flottant par-dessus un marais côtier,
("beaucoup d'alligators" a été la rassurante remarque d'un
indigène accompagnateur - et avec sa formation zoologique
elle ne put s'abstenir de faire remarquer que les "alligators"
sont vraiment des crocodiles, donnant leur nom zoologique,
comme si cela faisait une différence). Elle relate comment un
garçon, engagé à curer la chaudière du bateau à vapeur, est
resté coincé à l'intérieur car étant donné qu'il était affamé,
 ses amis lui avaient passé trop de nourriture. Elle parle
du policier indigène faisant des jeux de ficelle pour elle,
sur instruction du Gouverneur  lui-même. Nous pouvons
tous sympathiser avec la remarque de la page 2: "notre
 première expérience était commune à tous les voyageurs,
c'est à dire le retard".

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