James Hornell (1865-1949) page 11

 Hommage 

 par David Heppell,
Gibson, Columbia

et Mark Sherman,
Pasadena, Californie

Publications sur le jeu de ficelle
Critique par M. Sherman

 

String Figures from Fiji and Western Polynesia,
Cat's Cradle, the World's Most Widerspread Game
The String Games and Tricks of Sierra Leone
String Figures from Sierra Leone, Liberia, and Zanzibar
String Figures from Gujarat and Kathiawar
String Figures from British New Guinea
Indonesia Influence on East African Culture
String Figures from the Anglo-Egyptian Sudan
String Figures Diffusion
String Figures from Burma
Sinhalese String Figures and Tricks

 

 

String Figures from Fiji and Western Polynesia,
par James Hornell. 1927.
Bernice P. Bishop Museum Bulletin 39. Honolulu:
Bishop Museum Press. ii + 88 pages. Réimprimé en
1971, Kraus Reprint Co., New York. Actuellement
 disponible chez: Periodicals Service Co.,
Germantown, New York. Illustrations: 77 solid-line
dessins, 27 à la main. Nomenclature:
Rivers & Haddon.

 

La première étude publiée sur les jeux de ficelle
d'Hornell est sa plus grande, et sans aucun doute sa
meilleure. Ce volume bien organisé est l'un des trois
classiques sur les jeux de ficelle publié par le
Bishop Museum au milieu des années 1920, les
autres étant la monographie d'Handy sur les
figures des Marquises et de Tahiti et celle de
Dickey sur les jeux de ficelle d'Hawaï. Dans la
décennie qui a suivi la Première Guerre Mondiale,
la "cueillette" de jeux de ficelle des îles du
Pacifique était très à la mode parmi les
 ethnographes. J. F. G. Stokes les a recueillis
dans les Iles Australes, Andersen en Nouvelle
Zélande, Kenneth Emory dans les Tuamotus, et
Raymond Firth dans les Iles Salomon et à Tikopia.
Même alors les ethnographes se plaignaient souvent
que beaucoup avaient déjà été oubliés, en particulier
la signification de chants anciens qui accompagnaient
souvent les figures. Hornell, comme Handy, attribue
cela en partie aux missionnaires fanatiques, qui
étaient dévorés par le désir de purger leurs ouailles
de tout ce qui pouvait leur rappeler leurs anciens
dieux ou héros. Hornell réussit quand même à
recueillir une belle collection aux Fidji (58 figures),
et nous fournit des aperçus excitants de ce qui
était autrefois connu à Tonga (10 figures) et Samoa
(6 figures). Le livre inclut aussi cinq figures
 recueillies à Tahiti (Hornell savait qu'Handy avait
déjà recueilli là-bas et devait publier), et quelques
exemples mineurs des Iles Ellice, Gilbert, Tokelau,
et du groupe des Iles Salomon qu'il a appris à Samoa.
Une figure malaise, une javanaise, et une indienne
sont décrites dans une section finale: celles-ci
ont été montrées par des travailleurs de maintenance
de divers ports.

 

Les jeux de ficelle qu'il a recueillis aux Fidji, sont
imprégnés de traditions et de légendes, souvent
accompagnées de chants somptueux et colorés.
Le lecteur est ébloui par les figures représentant
des oiseaux tropicaux et des créatures maritimes,
ainsi que des plantes exotiques. Des objets communs
de la vie de l'île sont aussi représentés (canoës, filets,
 paniers). La caractéristique la plus impressionnante
de cette monographie est sa splendide organisation.
Hornell nous donne le nom indigène pour chaque
figure d'instructions concises. Il donne souvent le
 chant, si on le connaît, qu'il traduit en anglais. Des
notes décrivant la signification de l'objet décrit
sont aussi fournies, suivies par des notes
comparatives dans lesquelles il dit au lecteur où
cette figure a été ailleurs observée.

 

L'importance de la première monographie
 d'Hornell est évidente: elle nous fournit notre
 premier aperçu des figures des Fidji et de la
Polynésie occidentale. De plus, il a été le premier
à documenter la nature hybride du répertoire
fidjien: des éléments à la fois mélanésiens et
polynésiens sont présents, cela va de paire avec
les origine diverses de la population des Fidji. Il
a aussi été le premier à faire remarquer que les
noms divers donnés à la figure 'Dix Hommes' à
travers le pacifique reflète une origine commune,
ceux-ci faisant souvent référence au réseau de
veines qu'on trouve en dessous des feuilles de
grandes plantes tropicales (voir page 8). Sa
perception de la relation sous-jacente des diverses
figures trois diamants, connues dans le Pacifique
(voir page 75).

 

Hornell était douloureusement conscient du fait
que ses collections fijienne,tonganaise et samoane
n'étaient pas complètes. Il ne savait pas le langage
local, ce qui rendait les communications difficiles.
De plus, il ne s'est jamais aventuré loin des ports
des villes, et était convaincu que beaucoup plus de
figures auraient pu être recueillies dans des zones
excentrées, si seulement il en avait eu le temps. Il
se plaignait aussi que beaucoup d'autochtones
étaient peu disposés à partager des figures avec lui,
de peur de paraitre immatures. A Samoa, on lui a
dit à plusieurs reprises que vaepato était un jeu
de filles!

 

Ma seule plainte sur cette monographie est que tous
les motifs ne sont pas illustrés, et que seuls un tiers
de ceux-ci sont illustrés avec les mains. Les
 descriptions d'Hornell de l'Extension Caroline
(qui alors n'avaient pas de nom!) sont assez
irrégulières. Mais dans l'ensemble, ses descriptions
sont admirablement concises et précises, ce qui les
rend agréable à lire.

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Cat's Cradle, the World's Most Widerspread Game
par James Hornell. Avril 1928. Discovery - A Monthly
Popular Journal of Knowledge, Volume 9,
pages 111-115 (erratum page 194). Londres:
Benn Brothers Ltd. Illustrations: 6 dessins solid-line,
3 avec les mains. Nomenclature: Jayne.

Discovery était un magazine populaire de science,
un peu comme Discover l'est aujourd'hui. Hornell
était un contributeur fréquent à la fin des années
1920 et au début des années 1930. Son article sur
les jeux de ficelle s'avère être le premier. C'était
une opportunité pour Hornell, pour familiariser
une large audience aux quelques jeux de ficelle
qu'il a recueilli aux Fidji, à Tonga et à Samoa. Les
méthodes pour réaliser Balawa (Pandanus), Corde
à sauter de Fanene, Entrée de Tenioko,
Rara-Ni-Kula (Terrain de jeu du Perroquet à
longue queue), et Vonu (Tortue) sont fournies.
Pour cet article, Hornell a choisi la nomenclature
simplifiée popularisée par Jayne. Il est assez
étonnant que la monographie d'Hornell ne soit
jamais directement citée dans l'article.

L'article étant informel, Hornell était libre de
spéculer, ce qu'il évitait de faire dans ses travaux
scientifiques. Il commence en offrant deux
explications au manque de littérature publiée sur
les jeux de ficelle, avant le tournant du siècle:

(1) les observateurs occidentaux des cultures
 indigènes, pensaient que c'était seulement des
jeux d'enfants et qu'ils ne valaient pas la peine
d'être recueillis.

 

(2) les observateurs étaient complètement
méconnaissants de leur existence, en dépit d'années
de familiarité avec le peuple qu'ils étudiaient.

Hornell continue en racontant une charmante
histoire sur la manière dont il a recueilli, avec
succès, des jeux de ficelle de Samoa, même quand
des officiels locaux prétendaient que personne
n'en connaissait. Alors il vante les avantages de
savoir réaliser des jeux de ficelle:
"Si l'homme blanc est familiarisé avec certains de
 ces jeux, il n'y a pas de plus rapide moyen de
gagner la confiance de natifs timides ou
suspicieux..." C'est clairement une notion
empruntée à A. C. Haddon.

 

Les théories les plus remarquables produites
dans ce cours article, concernent la distribution
inégale des jeux de ficelle autour du globe:
"On ne peut raisonnablement pas douter que
les jeux de ficelle ont leur commencement, dans
la nécessité de mise au point de moyens d'amusement,
 parmi des gens vivant dans un environnement,
et une culture leur laissant du temps libre pour
occuper leurs mains... "C'est généraliser que de dire
que là où le filage, le tissage et autres arts sont
inconnus ou peu développés, les femmes et les enfants
ont recours à ce passe-temps pour tuer le temps."
On pourrait penser qu'une connaissance du tissage
pourrait encourager le développement des jeux de
ficelle, plutôt que de le réprimer, comme cela s'est
apparemment passé parmi les Navajos. Mais
Hornell avait une autre opinion. Ses idées
concernant l'origine du 'Berceau du Chat' pour
deux joueurs en Europe étaient aussi quelque peu
orthodoxes: "Jusqu'à présent on peut estimer que
le vrai berceau du chat vient d'origine asiatique
probablement chinoise. Il semble être venu vers
l'ouest de Chine à l'époque médiévale  le long
des grandes routes de commerce vers l'Europe."
Oui, il est probablement originaire de Chine,
mais comme Abraham le soutient, il aurait pu
arriver plus tard (dans les années 1700) et par
mer, peut-être avec le commerce du thé (Abraham
1988:101-102). L'article se termine par une liste de
tabous associés aux jeux de ficelle et un appel à
recueillir des figures en Afrique, à Madagascar,
des tribus des collines d'Inde et d'Indochine,
et des aborigènes d'Australie et d'Amérique
du Sud.


The String Games and Tricks of Sierra Leone
par James Hornell. Septembre 1928.
Sierra Leone Studies (old series), no. 13,
pages 3-9. Freetown: Sierra Leone Society.
Illustrations: none. Nomenclature:
Rivers & Haddon.

 

Ce cours article, qui est paru seulement 2 mois
après qu'Hornell ait fini de recueillir des jeux
de ficelle de Sierra Leone, est simplement une
avant-première de son article entier pour le
Journal of the Royal Anthropological Institut.
Les instructions pour réaliser une figure fula
 (Koide gerto), une figure mende (Gama nani), et
un tours de ficelle mende (Bi boli ba tewe) sont
présentés, mais aucune illustration ne les
accompagne.  D'après Hornell, "Les raisons de
cette présente note sont la stimulation de l'intérêt
pour ce sujet négligé, mais ayant potentiellement
une grand valeur ethnologique, et de pousser
ceux qui ont des relations approfondies avec les
gens de l'intérieur et qui étudie encore les vieux
usages et coutumes, pour faire tout ce qu'ils
peuvent pour recueillir tout les jeux de ficelle
existant quand on le peut encore."

Hornell écrit beaucoup sur la signification de
la découverte de 'Pattes d'Oiseaux' parmi les
Fulas de Sierra Leone et les habitants de la
côtes ouest de l'Inde, prétendant que les Arabes
l'avaient amenée là-bas. Il fait remarqué que les
Arabes conquérirent des parties de l'Inde au
8ème siècle avant d'envahir l'Afrique du Nord.
D'après ce que nous savons maintenant de la
distribution très répandue de 'Pattes d'Oiseaux',
cela est moins probable. Mais il reconnaît à
juste titre, que l'occurrence de cette série
océanique complexe pour deux joueurs ('Dix
Fois' de Jayne) parmi les Kru de Sierra Leone
est un vrai mystère. Etant donné sa complexité,
 les chances d'invention indépendante sont
presque nulles. Donc, comment le jeu a-t-il
voyagé des Iles Pacifiques à l'Afrique de l'Ouest?
Hornell prétend que les Kru d'Afrique de l'Ouest,
étant des marins experts, l'ont apprise de navigateurs
indonésiens qui colonisaient la côte est de l'Afrique
au 10ème siècle. Tiré par les cheveux? - Oui. Mais
de nouveau, Hornell se repose sur sa connaissance
d'armement primitif pour aider à expliquer la
diffusion de la culture. Dans son article en entier,
il révisera substantiellement son argument.


String Figures from Sierra Leone, Liberia,
and Zanzibar
par James Hornell. 1930. Journal of the Royal
Anthropological Institut, Volume 60 (n.s.
volume 33), pages 81-114. London: Royal
Anthropological Institut. Illustrations: 27 dessins
 solid-line; Nomenclature: Rivers & Haddon.

 

Avant la visite d'Hornell au Sierra Leone en 1928,
 presque tout ce qui était connu sur les jeux de
avait paru dans le Journal of the Royal
Anthropological Institut (trois articles en 1906, et
un en 1925). En fait, l'article d'Hornell "Les
Cornes dans la Superstition de Madère" est paru
juste après l'article de Griffith sur les jeux de
ficelle de la Côtes d'Or dans le numéro de juillet-
décembre 1925 - peut-être un signe qui convint
Hornell de soumettre aussi son manuscrit africain
 au journal prestigieux. L'article fut reçu
chaleureusement.

 

Les notes de terrain d'Hornell indiquent qu'il a
recueilli des jeux de ficelle en avril et en mai.
 Pendant les dix semaines qu'Hornell a passé à
Freetown, il a réussi à recueillir 12 jeux de ficelle
de la tribu Mende, 16 de celle des Temnes, 11 des
Sherbro Bullom, et 3 des Fulas et Mandigos,
cela fait en tout 42 pour la Sierra Leone. Il a
aussi réussi à recueillir 22 jeux de la tribu Kru
du Libéria, beaucoup de leurs membres vivaient
à Freetown, à cette époque. Un marin de Zanzibar
lui enseigna 3 jeux de ficelle. Les idées qu'il avait
mis en avant dans son articles Etudes sur la Sierra
Leone sont substantiellement révisées ici. Après
avoir ajouté sa liste initiale de figures africaines
connues en Océanie, il emploie cette liste comme
preuve de l'antiquité des jeux de ficelle: "De ces
faits, nous pouvons à bon droit déduire une
antiquité extrêmement grande pour beaucoup de
 ces jeux, il y a une origine à un temps d'avant la
séparation des Noirs Océaniens de leur souche
 parente. Il serait probable que mes Mélanésiens et
les Polynésiens ont appris beaucoup de leurs jeux
 de ficelle des tribus de noirs océaniens avec lesquels
ils ont, à divers degrés, des relations de sang et/ou
culturelles." Hornell omet aussi de répéter sa
théorie concernant le rôle des Arabes dans la
distribution de 'Pattes d'Oiseaux', d'Inde vers
l'Afrique. Il se concentre plutôt sur le mécanisme
de transfert d'Afrique vers l'Ecosse, où 'Pattes
d'Oiseaux' est connu en tant que 'La Laisse de
Chiens Lochiels'. Le transfert, déclare-t-il, peut
s'être produit il y a plus de 300 ans, et les esclaves
et les commerçants ont été les instigateurs, beaucoup
d'entre eux avaient des "femmes, concubines, et
esclaves femelles, sélectionnées des meilleures classes
des noirs avec lesquels ils faisaient du commerce.
Jouant avec leurs enfants métis, ces hommes durs
à cuire ont du quelque fois se relaxer et prendre
part aux jeux de leurs enfants, leur enseignant ce
qu'ils se souvenaient des jeux de leur propre enfance,
et apprenant, peut-être à leur tour, quelques jeux
africains." Il cite la présence du 'Berceau du Chat'
à Freetown comme preuve en plus de la diffusion
de la culture anglo-africaine.

 

La présentation de cet article est similaire à la
monographie d'Hornell sur les Fidjians. Les
instructions et les dessins sont parfaits et ses
notes comparatives sont approfondies, mais cette
fois les figures n'ont pas le charme et la couleur
des exemples fidjiens. La majorité des figures sont
plutôt simples et représentent des objets du
quotidien comme des filets de pêche, des tambours,
des mortiers à riz et des huttes. La plupart des
figures diamant représentent des 'yeux'. Bien que
le nombre total des figures recueillies soit
impressionnant, beaucoup de figures recueillies
parmi les Mendes sont les même que celles
recueillies parmi les Temnes et les Krus, et donc
le nombre exact de motifs illustrés se monte
seulement à 27. De plus, Hornell a opté de
n'inclure aucun des tours de ficelle observés
à Freetown, étant donné que peu d'entre eux
étaient uniques. Il explique: ""ils semblent
actuellement plus populaires en Afrique de
l'Ouest que les jeux de ficelle proprement dit."
Hornell omet aussi de citer l'article sur les jeux
de ficelle africains de 1906 d'Haddon, ce qui
semble curieux étant donné qu'Haddon était
un ami proche et que l'article était un des trois
 qui sont parus dans le même numéro de JRAI.
Mais en dépit de ses défauts, la collection
d'Hornell de l'Afrique de l'Ouest est valable.
Il serait intéressant de voir comment beaucoup
d'entre eux ont voyagé d'Amérique du Sud
avec le commerce d'esclaves. Les figures
diamants comme celles trouvées par Hornell
en Sierra Leone, sont immensément populaires
le long de l'Amazone (Wirt 1997:122).


String Figures from Gujarat and Kathiawar

par James Hornell. 1932. Memoirs of the Asiatic
Society of Bengal, volume 11, n°. 4, pages 147-164.
Calcutta: Asiatic Society of Bengal. Illustrations:
 15 dessins solid-line;
Nomenclature: Rivers & Haddon.

 

La collection de jeux de ficelle de la côte est de
 l'Inde est assurément son meilleur livre, et
peut-être le plus important d'un point de vue
ethnologique . A l'époque où il a été publié, on ne
savait presque rien des jeux de ficelle de l'Inde.
En fait, personne n'était certain du tout que le
 peuple indien réalisait des jeux de ficelle.
Hornell est allé chercher la réponse à cette
question.

 

La collection se compose de 29 figures recueillies
 en 1930 alors qu'il travaillait dans les pêcheries
pour le gouvernement de Baroda. C'était sa
seconde visite à Baruda, la première avait eu lieu
 en 1905-06. Il est assez étonnant qu'Hornell n'ait
réussi à recueillir aucune figure pendant son long
séjour à Madras (1908-1923).

 

Comme sa collection de Sierra Leone, les objets
représentés en ficelle sont des objets ordinaires
de tous les jours (ciseaux, scie, miroir, cadenas
et clé, cheminée, auvent, filet de pêche, et rouet,
pour n'en nommer que quelques-uns). Il
attribua cela que fait que ses informateurs étaient
citadins. Des 10 jeux Indiens connus en dehors de
l'Inde, 9 sont aussi connus en Afrique. De nouveau,
il invoque sa "théorie des marins arabes" pour
expliquer cette similarité: "La possession commune
d'une si grande proportion de ces jeux souligne
combien la connexion entre l'Afrique et l'Inde
a été approfondie et longue, et en particulier celle
des commerçants et des marins appartenant aux
 ports de Gujarat et Kthiawar avec l'Afrique de
l'est, un commerce qui remonte à deux mille ans."

La mise en page et le contenu de cet article est
étroitement parallèle à son rapport sur la Sierra
Leone: les instructions, illustrations et notes
comparatives sont excellentes. Mais de nouveau,
il a omis d'illustrer toutes les figures de sa
collection (cette fois seules 15 sur 29 sont illustrées!).
La figure la plus originale qu'il a recueillie était
'Rouet'. Cette figure exige un bâton, une ficelle
en boucle étendue entre les orteils, et une longueur
de ficelle fine. Aussi significative est la méthode
inhabituelle qu'Hornell a recueillie pour le
commencement du jeu 'Berceau du Chat'. Le
premier joueur réalise le Premier Berceau et
claque des mains. Le second joueur réarrange
les ficelles, le transformant en quelque chose qui
ressemble étroitement à l'ouverture du 'Berceau
 du Chat' standard. Hornell écrit que cette méthode
était "usuelle et bien réparties dans l'ouest de l'Inde.

Hornell achève son article par une demande au
travailleurs de terrain pour recueillir des jeux de
ficelle parmi les tribus des collines et autres
communautés isolées, avant qu'ils ne
disparaissent entièrement. En 1999, le membre
d'ISFA Will Wirt a revisité l'Inde, espérant achever
ce qu'Hornell avait commencé il y a près de
soixante-dix ans. Étonnamment, il a trouvé les mêmes
figures qu'Hornell et un peu plus! (Will, Jeux de ficelle
des Etats Indiens de Gujurat et Orissa BISFA 6 1999).
Au moins, nous savons maintenant, que les jeux de
ficelles sont des éléments stables dans la culture
indienne.


String Figures from British New Guinea

par W. E. Rosser. Edité et annoté par James Hornell.
1932. Journal of the Royal Anthropological
Institut, Volume 62 (n.s. volume 35),
pages 81-114. London: Royal Anthropological
Institut. Illustrations: 10 dessins solid-line,
5 sur les mains. Nomenclature: Rivers & Haddon.

 

La belle collection de 20 figures mélanésiennes a été
envoyée à Hornell par Mr. T.N. Rosser de Cardif,
Pays de Galles. Elles ont été recueillis à Port
Moresby par son fils, Mr. W.E. Rosser. La date du
recueillement n'est pas indiquée mais une lettre de
T.N. Rosser à James Hornell datée du 9 septembre
1929 spécifie que "Je viens juste de recevoir quatre
autres figures de mon fils..." (qu'Hornell a inclut
dans un addendum à l'article). Les illustrations
ont été préparées par T.N. Rosser. Hornell a
réécrit les méthodes et ajouté des notes
 comparatives.

 

L'histoire de W.E. Rosser et de sa vie en
Papouasie-Nouvelle-Guinée est assez colorée.
Pendant plusieurs années, les membres de la
famille Rosser ont des hévéas et des cocotiers près
de Port Moresby. Ils sont pour la plupart des
descendants d'un capitaine gallois qui a déserté
son bateau à la fin des années 1800 pour chercher
de l'or. Lorsque la Papouasie-Nouvelle-Guinée
a déclaré son indépendance en 1975, les Rosser
ont été forcés de quitter. La plupart se sont
installés en Australie.

 

Hornell a du apprécier énormément cette
 collection. Les objets représentés rappellent
sa merveilleuse collection des Fidji. Vata
 (broussard) est particulièrement astucieux,
comme est Bava (Un Crabe), que les lecteurs
reconnaîtront en tant que motif a a a dans
l'article 'Dix Hommes' de Murphy, publié dans
notre bulletin de 1998. Bien que les instructions
 d'Hornell soient bien écrits, il est une fois de
plus malheureux que seules la moitié des figures
soient illustrées.


Indonesia Influence on East African Culture

par James Hornell. 1934. Journal of the Royal
Anthropological Institut, Volume 64 (n.s.
volume 37), pages 305-332. London: Royal
Anthropological Institut. Pas d'Illustrations.
  Nomenclature: Rivers & Haddon.

 

Seuls deux paragraphes dans cet article traitent
des jeux de ficelle : un page 329 et un dans
l'appendice page 332. L'appendice est sous-titré
"Un jeu de ficelle de Madagascar." A ma
connaissance c'est le seul rapport sur un jeu de
ficelle Madagascar. Hornell a recueilli d'un soldat
malgache lorsqu'il était à bord d'un bateau à
vapeur en 1926.

 

Madagascar est une ile au large de la côte est de
l'Afrique. Cependant ses habitants sont, à
 l'origine, indonésiens. La figure qu'Hornell
décrit est le tour du nœud qui disparait très
répandu, fréquemment connu en tant que
'Moustique' ou 'Mouche' (Wirt 1997:123).
Etant donné qu'elle n'a jamais été rapportée
d'Indonésie, Hornell postule qu'elle a voyagé
jusqu'à Madagascar avec les esclaves africains,
apportés du continent, une mince mais logique
conclusion.

 

String Figures from the Anglo-Egyptian Sudan

par James Hornell. 1940. Sudan Notes and Records,
volume 23, n° 1, pages 99-122. Khartoum:
McCorquodale and Co.
Illustrations: 16 dessins solid-line.
Nomenclature: Rivers & Haddon.

 

C'est la dernière contribution importante d'Hornell
à la littérature des jeux de ficelle. Comme les autres
 collections importantes, elle remplit une lacune
 importante. Avant sa visite au Soudan l'hiver 1938-39,
rien n'avait été publié sur les jeux de ficelle de cette
région influencée par les arabes. Cependant, Hornell
admit être assez désappointé par ce qu'il a trouvé.
Bien qu'il ait réussi à recueillir 25 figures, la plupart
 d'entre elles venaient des Nubiens musulmans du nord.
 Les Noirs nilotiques, éleveurs de bétail, de la région
centre ont nié toute connaissance d'eux: "J'ai testé cela
chaque jour, toujours avec un résultat négatif." Seuls
cinq ont été recueillis de tribus païennes de l'extrême
 sud parlant l'arabe, près de la frontière Ouganda/Congo.


Le manque de figures de la région centrale ennuyait
Hornell. Il a même considéré la possibilité que
l'information ne lui soit pas transmise: "Un étranger
recueillant ces figures est toujours un désavantage;
les jeux ayant des significations érotiques ou magiques
lui sont cachés ou ont leur signification changée.
Seules ces formes de peu d'importance à leur
yeux, étant simplement des passe-temps pour enfants,
sont habituellement montrées." Il cite un exemple
d'un tour de ficelle local, qui était autrefois réalisé
pour assurer une récolte abondante de poissons dans
le filet.

De nouveau, seule une partie des figures qu'il a
recueillies sont illustrées (16 de 25). La plupart des
figures ne sont pas nouvelles, car elles ont été vues
 dans l'Afrique de l'Ouest et en Inde. Quelques
connues dans l'Afrique de l'Est ont aussi été
trouvées. Comme dans sa collection du Sierria
Leone, les objets représentés sont assez triviaux.
Ici nous trouvons des figures représentant des scies,
filets, pattes d'oiseaux, huttes, et un remarquable
nombre de lits (lit nuptial, lit européen, hamac).
On peut remarquer une figure appelée "Tramway",
que les natifs comparaient à ceux vus à khartourm.
Aussi intéressant est l'interprétation locale des
premiers trois motifs de la série Berceau du chat:
lit indigène, tapis, et cour en dehors de la maison.
Hornell écrit: "L'idée incarnée dans cette séquence
se rapporte à la coutume qui prévaut en Egypte et
dans le Nord du Soudan, qui consiste à dormir
en-dehors de la maison pendant la saison chaude
sur un lit de cordes recouvert avec un tapis."

Il est assez ironique de savoir que l'anthropologue
Evans-Pritchard a recueilli quelques jeux de ficelle
des tribus du sud (Azande), juste avant la visite
d'Hornell. Cependant, celles-ci n'ont pas été publiées
avant 1972, et donc Hornell ne pouvait pas avoir eu
connaissance d'elles.


String Figures Diffusion

par James Hornell. 1943. volume 43, article 100,
page 120 (septembre-octobre, 1943). Londres:
Royal Anthropological Institut. Pas d'illustrations.

 

La lettre assez humoristique à l'éditeur est la
dernière contribution connue à la littérature des
jeux de ficelle d'Hornell. Dans elle, il met en garde
les ethnologues contre les figures qui pourraient
avoir été recueillies à Cornwall. Hornell était là-bas
le 23 septembre 1942, et a vu des écolières réalisant
le "Pont de Londres" (Echelle de Jacob) et 'Parachute',
motifs qu'il reconnus de son séjour en Sierra Leone.
Lorsqu'il demanda aux filles où elles les avaient appris,
elles répondirent qu'une évacuée de Londres leur
avait enseignées, et et qu'elle les avait apprises d'une
enseignante à Londres. Hornell était inquiet du fait
que les futurs ethnologues travaillant à Cornwall
pourraient interpréter ceux-là comme étant
"d'anciennes figures britanniques restantes, dans
la région la plus à l'ouest du pays" ou des reliques
de commerce ancien avec les Phéniciens.

Qu'essayait-il de faire avec cette lettre - est-ce
qu'il se moquait simplement de lui-même et de
 toutes ses théories diffusionnistes anciennes,
ou était-il sérieusement inquiet sur la futur
 interprétation  de ses données sur les jeux de
ficelle? Dans presque chaque article sur les jeux
de ficelle, il met en garde les lecteurs que
"il y a encore beaucoup à faire avant que notre
connaissance de ce sujet soit suffisamment
exhaustive, pour permettre aux ethnologues
d'utiliser les données recueillies pour profiter
pleinement des avantages des notes comparatives."


String figures from Burma

par James Hornell. 1999. Bulletin of the International
    String Figure Association, volume 6, pages 145-148.
Pasadena, Californie: ISFA Press. Illustrations:
4 dessins solid-line avec les mains.
Nomenclature: Rivers & Haddon.

 

Ce bref rapport publié à titre posthume, est basé sur
un manuscrit trouvé parmi les articles d'Haddon à
l'Université de Cambridge. D'après le manuscrit,
les figures ont été recueillies des nurses karens et
birmanes à bord du bateau à vapeur Kemmendire le
25 mars 1939 "pendant que nous voyagions de
Port-Soudan." Les figures qu'il a recueillies sont assez
courantes: deux diamants, quatre diamants, pattes
d'oiseau, et un diamant simple à double murs. Mais
avant la publication de cet article, on ne connaissait
presque rien des jeux de ficelles de Burma ou de
 l'Asie du sud-est en général. Pour cette raison, c'est
un ajout bienvenu à la littérature.


Sinhalese string figures and tricks

par James Hornell. 1999. Bulletin of the International
    String Figure Association, volume 6, pages 149-153.
Pasadena, Californie: ISFA Press. Illustrations:
  6 dessins solid-line, 4 sur les mains.
Nomenclature: Rivers & Haddon.

 

Ce bref rapport décrivant une figure et deux tours de
Ceylan (Sri Lanka) est de même basé sur un manuscrit,
 trouvé parmi les articles d'Haddon à Cambridge.
Les notes tapées sont clairement datées de Colombo,
28 juin 1906, faisant de celles-ci le rapport le plus
ancien de l'intérêt d'Hornell dans les jeux de ficelle.
Apparemment, Hornell était déjà familier avec le
livre de Caroline Jayne, publié plus tôt cette année.
Dans ses notes sur 'Tour d'un nœud', il écrit:
"En échange de la figure ci-dessus, j'ai enseigné à un
jeune homme les deux Diamants Bagobo [des Philippines]
recueillis par Mme Jayne. Il l'a apprise facilement, après
deux ou trois essais." Peut-être devrions-nous de même
avertir les futurs ethnologues: si vous trouvez les
Diamants Bagobo au Sri Lanka, reprochez le à Hornell!
 
Critique d'un livre sur les jeux de ficelle, par James Hornell

Hornell, J. (1930) Critique de "Artist in String: String Figures;
Their Regional Distribution", par Kathleen Haddon. Man,
vol. 30, article 127, pp. 161-162. (septembre 1930).

Résumés et critiques des articles sur les jeux de ficelle d'Hornell

Anonyme (1927) "String figures in Oceania (résumé de "String figures
from Fiji and Western Polynesia"). Nature, vol. 120, n° 3033, page 895
(17 décembre 1927)
Anonyme (1930) Critique de "String figures from Sierra Leone,
Liberia, and Zanzibar." Journal of the Polynesian Society, vol. 39,
n° 382 (décembre 1930).
Anonyme (1932) "Indian String Games." (résumé de "String figures
from Gujarat and Kathiawar"). Nature, vol. 130, n° 3276, page 244
(13 aout 1932).
Andersen, J.C. (1932) Critique de: "String figures from Gujarat and
 Kathiawar." Journal of the Polynesian Society, vol. 41,
n° 3, pages 226-227 (septembre 1932).

 

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