Créer un site internet
Association Internationale du Jeu de Ficelle

John Lyman Cox (1866-1955) page 8

  Hommage

par
MARK SHERMAN
Pasadena, Californie


INTERVIEW DE JOHN BRUDVIG

 

Le Dr. Brudvig est un maître de conférence
de Sciences Sociales et du Comportement à
l'Université de Mary à Bismarck, Dakota du
Nord. Il est l'auteur d'un mémoire intitulé
"Bridging the Cultural Divide: American Indians
at Hampton Institut, 1878-1923" (College de
William et Mary, 1996). Je l'ai interviewé en
avril 2003.

M. Sherman: John L. Cox a recueilli des jeux de
ficelle d'étudiants étudiant l'Ecole Indienne à
Hampton, Virginie. Que pouvez-vous nous dire
à ce sujet?

 

J. Brudvig: L'Ecole Indienne d'Hampton est mieux
connue en tant que Hampton Normal and
Agriculture Institut.  Un "Normal Institut" était
un collège dans lequel les étudiants apprenaient
à devenir des enseignants. Fondé en 1868, peu de
temps après la Guerre Civile, l'Institut a ouvert
ses portes à l'origine pour préparer de jeunes
hommes et jeunes femmes Afro-américains
prometteurs, pour "guider et enseigner leur peuple
émancipé depuis peu, ....à construire un système
industriel viable basé sur la force de l'autonomie,
du travail intelligent, et d'un caractère moral et
solide." En 1878, Hampton a établi un programme
d'éducation formel pour des Amérindiens. Quelques
officiels ont objecté contre le brassage d'étudiants
d'Afro-américain et Amérindiens, en fait Hampton
était plutôt comme d'autre pensionnats fédéraux pour
Indiens. Généralement, les étudiants étudiaient les
arts domestiques et agricoles et les travaux manuels,
et étaient alors encouragés à retourner vers leur
peuple en tant qu'émissaires de la culture euro-
américaine. Les étudiants mâles recevaient un
entraînement militaire. Au tournant du siècle,
presque une centaine d'étudiants avaient étudié
à Hampton, dont 135 Amérindiens. Hampton,
ainsi que la Carliste Indian Industrial School
en Pennsylvanie, étaient parmi les premiers
et les plus grands pensionnats des Etats-Unis.

 

M. Sherman: L'activiste indienne Sonja Keohane
a un site sur les dommages que les pensionnats
ont infligé à la culture indienne. L'avez-vous vu?

 

J. Brudvig: Oui. Beaucoup d'Amérindiens partagent
son point de vue.

 

M. Sherman: Son essai aide certainement à expliquer
pourquoi la plupart des Amérindiens ne se souviennent
plus comment réaliser les jeux de ficelle, que leurs
ancêtres connaissaient . Peut-être est-il intéressant de
 la citer:

 

Les organisateurs des écoles indiennes prétendaient
que leurs étudiants recevraient une éducation qui
en feraient en fin de compte, des "membres productifs
de la société américaine". A l'époque, la société blanche
considéraient  les indiens comme des païens et des
sauvages: ils n'ont pas de langage écrit, leurs enfants
ne vont pas à l'école, et la plupart ne savent pas rester
à un endroit, beaucoup déménagent leur villages
selon les saisons. "Si ces gens, ces indigènes veulent
arriver à quelque chose aux Etats-Unis, on doit leur
apprendre la manière de vivre appropriée et
acceptable." Beaucoup de réformateurs croyaient
que les indiens n'étaient pas en fait intellectuellement
inférieurs , mais vivaient et organisaient leurs vies
de manière inférieure. A cause de cette manière de
pensée, on a estimé que les indiens méritaient
 vraiment d'être "sauvés". L'assimilation totale
était le but de la société blanche, tout ce qu'ils
voulaient était la complète élimination de la
culture indigène. Aveugler par leur sentiment de
leur propre supériorité, ces "blancs civilisés" étaient
incapables de voir la valeur d'une autre culture.

Beaucoup de blancs voyaient "l'évolution sociale"
des indiens comme un processus progressif, qui
pourrait être accéléré par l'éducation.
L'éducation assurait aussi le soulagement du
gouvernement du coût de la nourriture et des
habits destinés aux indigènes, en encourageant et
en fournissant les outils d'une économie auto-
suffisante.

 

L'école de jour de la réserve (reservation day school)
était la première partie de l'entreprise de
l'éducation indienne. Les enfants vivaient dans le
village avec leurs familles et allaient à l'école à
côté la journée. Il était strictement interdit de
 parler une autre langue que l'anglais, ainsi que
d'essayer d'adhérer à une quelconque pratique
spirituelle indigène. En relativement peu de temps,
il fut décidé qu'en tant qu'outils d'assimilation,
ces écoles de jour n'étaient pas et ne seraient
jamais une réussite. Les enfants étaient trop près
de leurs maisons, leurs familles et leurs cultures,
pour qu'il soient endoctrinés entièrement et
avec succès, avec les valeurs et le langage de
la société blanche. La deuxième phase consistait
à établir des pensionnats des réserves (reservation
boarding schools), qui étaient situées près du siège
de l'agence. Les enfants qui allaient à ces écoles,
n'avaient le droit de retourner chez eux que
pendant les vacances d'été, et peut-être pour une
courte période à Noël. même lorsqu'on a retiré
 aux enfants l'influence quotidienne de la maison
et de la famille, le processus d'assimilation
n'avançait pas à un rythme acceptable, en ce qui
concernait le gouvernement. Une des raisons était,
que les parents venaient souvent rendre visite à
leurs enfants, donnant ainsi aux enfants
l'opportunité de parler leur langage et de rester
en contact avec leurs habitudes tribales. Cela
était clairement contre-productif aux yeux des
assimilationnistes. Le troisième et dernier plan
à être adopté était le pensionnat en-dehors de la
réserve. C'était enfin le moyen de débarrasser les
enfants indigènes de leurs langages et culture.
Les enfants étaient envoyés, dans beaucoup de
cas, à des centaines de miles loin de la famille, le
langage et les habitudes indigènes.


Les responsables agissaient dans le but
d'assimilation de manière ordonnée. Les
étudiants, dès leur arrivée, devaient se faire
couper les cheveux courts, un acte qui produisait
beaucoup de ressentiment parmi les nouveaux
étudiants. Les vêtements tribaux n'étaient pas
permis, et des uniformes pour l'école devaient
être portés. Les noms des enfants étaient une
autre connexion avec leur maison et leur famille,
et donc ils ont aussi été changés, et de nouveaux
noms "prononçables" ont été donnés à chacun.
Aucun effort n'était épargné lorsqu'il s'agissait
de briser les liens culturels indigènes.

 

Photos

 

Les enfants dans ces écoles étaient captifs à
peu près de la même manière qu'un prisonnier.
Discipline excessive, structure et uniformes
étaient caractéristiques du système des écoles
 des réserves, et tout était imposé pour produire
une fin glorifiée dans laquelle une culture
disparaissait dans la noirceur d'une autre. Le
fait qu'aucun des enfants n'ait réussi à rester
en contact avec leurs habitudes tribales, après
 leur expérience dans le système de l'école
gouvernementale est remarquable. Ils semblaient
résilients en face de l'irrespect de l'opposition.

Garçons indiens après leur arrivée à
Hampton Normal and Agriculture Institut,
un pensionnat en Virginie

Le programme du pensionnat de Hampton a
duré plus de quarante ans. Le programme a
pris fin en 1923, lorsque l'opposition aux
pensionnats indiens est devenue prédominante.
Les écoles étaient critiquées en tant qu'outils
destinés à rendre les indiens, plutôt
qu'autonomes. Les écoles étaient critiquées car
il était cruel de séparer les enfants de leurs familles.
Les réformateurs qui avaient soutenu si fortement
l'idée de l'éducation en tant qu'outil d'assimilation,
commençaient à voir que la fin désirée se faisait
attendre. Quelques étudiants retournèrent chez
eux et à leurs habitudes tribales et autres, bien
qu'ils ne retournèrent pas entièrement à leurs
habitudes anciennes, devenant ainsi, en un sens
"biculturel".

 

M. Sherman: Est-ce qu'Hampton est resté ouvert
après que le programme du pensionnat indien se
soit achevé?

 

J. Brudvig: Oui. Il est devenu un Collège. Les
 premiers degrés de baccalauréat ont été décernés
 en 1922. Deux années plus tard, le nom de l'école a
été changé en Institut Hampton, reflétant
le niveau collège d'accréditation. En 1984, le conseil
d'administration d'Hampton a formellement adopté
une structure universitaire et a changé le nom en
Université Hampton.

 

  SUITE

Bulletins ISFA Bisfa 10 Hommage JOHN LYMAN COX Mark Sherman Caroline Jayne Dr. Brudvig

Ajouter un commentaire

 
×