Honor C. Maude page 19

Un hommage à la plus importante autorité
sur les jeux de ficelle des Iles du Pacifique

par
Mark A. Sherman

 

 

Interview d'Honor Maude - 19 mai 1998


Merci d'avoir accepter cette interview.
Etes-vous gênée par tout le futur hommage?

Au contraire - Je suis excitée!
Pendant des années, j'ai ramé derrière
Harry et tous ses amis professoraux,
sans beaucoup de reconnaissance.


En juillet, vous aurez 93 ans - la longévité est-elle
accrue dans votre famille?

Oui, en effet. J'ai deux sœurs - une
plus vieille, une plus jeune - et un frère
qui a deux années de plus que moi.
Ma plus jeune sœur est morte récemment
d'une maladie du cœur. Mon frère aîné est
encore vivant. Tous vivent en Angleterre.


Vous vous êtes marié et avait quitté l'
Angleterre
juste avant l'impact de la Grande Dépression. Avez-
vous eu des moments difficiles à cause  de cela?

Non, nous n'avons jamais ressenti ses
 effets aux Gilbert. Je me rappelle avoir
visité la Nouvelle-Zélande, mais n'en ai
jamais vraiment entendu parler.


Vous souvenez-vous avoir appris des jeux
de ficelle en Angleterre, lorsque vous
étiez petite?

Je suppose que j'ai appris le berceau du
chat comme toutes les autres filles, mais ne
 me rappelle pas avoir aimé cela excessivement.
J'ai vraiment été exposé aux jeux de ficelle à
l'âge de 24 ans: Harry m'a donné une copie de
 Cat's Cradles from Many Lands de Kathleen
Haddon que j'ai lu pendant mon voyage vers les
 Gilbert. Mais c'est Grimble qui a vraiment
enflammé mon intérêt. Il m'a montré des
îliens réalisant des jeux de ficelle.



En tant que femme anglaise bien habillée et éduquée,
votre présence a du intimider beaucoup des
îliens.
Comment avez-vous gagné la confiance de vos
informateurs?

Ce n'était presque jamais un problème.
 Mes informateurs se battaient toujours
pour attirer mon attention, essayant de me
 montrer autant de figures qu'ils pouvaient
 se souvenir - sauf à Nauru, où j'ai réellement
du pousser ces dix vieil hommes!



Des parties de votre premier livre sont parues dès
1936. Ce qui signifie que vous devez avoir avoir
dessiné les illustrations, lorsque vous viviez dans
les Gilbert. Comment cela était-il possible avec de
telles conditions primitives?

En tant qu'administrateurs, nous avions
 un petit bureau avec des fournitures.
Je n'ai jamais été  artistique comme mes
sœurs, qui pouvaient peindre mais je
dessinais bien des traits droits. Je
me souviens avoir envoyé les illustrations
 gilbert à ma sœur en Angleterre pour
qu'elle vérifie si les mains étaient bien
dessinées.

Avant votre implantation en Australie, vous avez
beaucoup voyagé. Comment avez-vous fait?

La plupart de nos voyages se faisait
par bateau. Le bateau du Service Colonial
que nous employions, lorsque nous vivions aux
 Gilbert, était assez petit et nous ballottait
 toujours. Je me rappelle avoir eu le mal de
 mer dans beaucoup de voyages. Lorsque
nous sommes retournés au Fiji via Panama
en 1940,nous avons pris l'avion. Je ne me
 souviens pas beaucoup de l'incident
"Madame Lepescu" au Texas, qui a eu lieu
 seulement car elle était  prétendument dans le
 même avion. Je me souviens d'avoir voyagé
avec une fille Gilbertine. Les autorités du Texas
l'ont prise pour une fille de couleur et ont
 essayé de lui parler dans le dialecte local.



Pendant la fin des années 20 et au début des
années 30, beaucoup de travailleurs de terrain
recueillaient des jeux de ficelle dans le Pacifique.
Les connaissiez-vous personnellement?

Oui, Harry et moi connaissions la
plupart d'entre eux Willodean Handy était
 charmant. Camilla Wedgwood fumait comme
une cheminée, une affreuse habitude. Elle
 s'est embarquée dans notre bateau à Nauru
 en 1935. En tant qu'étudiante d'Haddon,
elle savait réaliser des jeux de ficelle,
mais n'en n'avait recueilli aucun là-bas.
 Nous avonsrencontré les Beagleholes
pendant un voyage vers la Nouvelle Zélande.
Ils voyageaient en premièreclasse et nous en
deuxième. Ils nous ont invités à dîner
mais les autorités du bateau ne nous ont pas
permis de les rejoindre. Je ne me même souviens
pas d'avoir parler des jeux de ficelle avec Pearl,
bien que j'ai finalement publié un manuscrit sur
Pukapuka.



A Tonga, votre famille est devenue amie de la
Reine. Et comment était-ce?


Bien que mon fils Alaric ne s'en
 souvient pas, il avait l'habitude de
rendre visite à la Reine chaque
jour, après que son mari soit mort.
 Il est devenu un invité favori au palais
royal. Des années plus tard, lorsqu'
Alaric est retourné à Tonga pour faire
de la recherche pour son mémoire,
ils lui ont montré la petite chaise sur
 laquelle il avait l'habitude de
s'asseoir, pendant ses visites. Astrid,
 un des membres du personnel de
la Reine, a fait les illustrations
pour mon article sur Tonga.


De quel livre êtes-vous la plus fière?

Mon livre sur Nauru. J'ai transportais
 ces notes à travers les année. J'avais
toujours peur à la pensée que je puisse
oublier la façon de réaliser toutes les
figures, et donc toutes les ans ou tous
les deux ans, je relisais mes notes pour
m'assurer que je pouvais encore
 comprendre ce que j'avais écrit. Lorsque
 le livre est enfin paru, les Nauruens ont
acheté la plupart d'entre eux.



Votre livre sur Nauru est le seul avec des
photographies. Qui était le photographe? Ont-
elles étaient prises dans un studio?

Alaric était le photographe jusqu'à
 qu'il parte aille étudier à l'Université de
 Tasmania, puis quelqu'un d'autre l'a
remplacé. Toutes les photos ont été prises
 à la maison contre un morceau de velours
noir que nous suspendions sur le mur.
 Alors que je réalisais et étendais
chaque figure, Harry arrangeait les
ficelles pour les réordonner.



Quel rôle a joué la République de Nauru, en vous
aidant à publier votre livre sur Nauru et la série
monographique subséquente?

Après la Guerre, les Nauruans sont
devenu les îliens les plus riches dans le
Pacifique, grâce à leurs gisements de
phosphate. Finalement, ils ont acheté
leur propre compagnie d'avion et acheté
 un grand hôtel en Australie. Jim Davidson
au A.N.U. les a aidés à mettre en place une
 petite dotation, pour les chercheurs travaillant
sur des sujets nauruans.  Harry et moi
avons fait une demande et avons reçu
plusieurs centaines de dollars.



Comment expliquez-vous votre talent inné pour la
réalisation des jeux de ficelle?

Je n'ai vraiment pas une explication,
autre que j'ai toujours été habile de
 mes mains.



Quel sera le futur des jeux de ficelle dans le
prochain millénaire?

Je ne pense pas qu'ils aient un futur.
Cela m'attriste de voir que beaucoup
d'enfants ne s'y intéressent pas, étant
 plus attirés par les amusements
 modernes. J'ai toujours cru que les jeux
 de ficelle pouvaient être employés pour la
 rééducation - thérapie physique - surtout
 pour les enfants blessés ou infirmes.
J'ai même correspondu avec Alex Abraham
sur ce sujet. Lorsque je vivais à Sydney,
 je faisais chaque semaine des visites à
un hôpital pour enfants infirmes, où
j'enseignais des jeux de ficelle à de
jeunes enfants frappés par la polio.
 Beaucoup attendaient impatiemment mes
visites, et lorsque de nouveau enfants étaient
admis aux sessions, les enfants expérimentés
 enseignaient les nouveaux venus ce
qu'ils savaient. J'ai aussi enseigné dans
les écoles quelques temps. Mais en ce
moment, personne ne semble intéressé.
Seul un de mes trois petits-enfants les a
 adoptés.



Travaillez-vous en ce moment sur un projet?

Bien sûr! Harry et moi avons encore
 beaucoup de notes à mettre au propre
 sur les Gilbertins et autres aspects de la
 vie dans le Pacifique, et nous sommes
 encore en train de mettre dans des
boites des livres et des articles pour
 les envoyer à Susan Woodburn, la
bibliothécaire à Adelaide. L'an dernier,
nous avons déménagé  dans une
résidence de retraités à Camberra avec
 une belle vue sur les montagnes. Rebecca
est notre auxiliaire de vie. Elle a une voiture
 et une machine à écrire et nous aide à mettre
 au propre une collection d'essais, un peu
 comme le best seller d'Harry "Of Islands and
Mens." Harry est entièrement sourd et nous
 sommes tous les deux presqu'aveugles
maintenant. J'ai eu une opération de la
cataracte il y a quinze ans, mais les effets de
 l'opération se sont depuis effacés. Je peux
reconnaître des visages maisne peux lire ou
écrire. L'année prochaine, Harry et
moi fêterons notre 70ème anniversaire
de mariage!



Honor, au nom de l'Association Internationale du
Jeu de Ficelle, je désire vous remercier, pour avoir
préservé tant de jeux de ficelle pour les générations
à venir. Je doute que quiconque puisse jamais vous
dépasser.

Vous êtes si gentil. Merci pour la
reconnaissance de mon travail!

 

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