James Hornell (1865-1949) page 8

Hommage 

 

par David Heppell,
Gibson, Columbia

 

et Mark Sherman,
Pasadena, Californie


Les expéditions fiducières de St. Georges et
Percy Sladen (1924-25)

 

La collection de jeux de ficelle la plus grande et plus
 importante d'Hornell, a été réalisée à Fidji en 1925.
Les circonstances qui l'ont amené au Fidji, sont assez
intéressantes. Le 7 juin 1923, A.C. Haddon écrivit une
lettre recommandant Hornell pour le poste de Directeur
Scientifique de l'Association de Recherche
Expéditionnaire Scientifique de Londres, avec le
Commandant Archibald J.A Douglas, qui servait
d'organisateur. Le but de l'expédition était "d'agrandir
notre connaissance de la flore et de la faune et de
l'archéologie des îles de divers endroits du Pacifique. "
La proposition de la candidature d'Hornell par Haddon
fut acceptée sans difficulté. Un journal anglais, le Daily
Telegraph, annonça le 10 octobre 1924, qu'ils avaient
"obtenu les droits anglais de la publication du récit de
l'expédition." A cette époque le public était fasciné
par les récits de voyage aux destinations exotiques
(comparé, par exemple à la popularité du National
Geographic Magazine aux Etats-Unis au début du
vingtième siècle). Hornell était payé en tant
qu' "Ethnologue de l'expédition."

 

Hornell obtint encore 250 £ comme support financier
du Percy Sladen Trust Fund, une agence d'allocations
administrée par la Société Linnéenne. Ces allocations
étaient (et sont encore) accordées pour la recherche
de terrain dans les sciences naturelles et de la terre,
effectuée dans un pays qui n'est pas le pays de
résidence habituel du candidat. De plus, ces
allocations n'étaient pas employées pour satisfaire
des besoins de travail de terrain. Hornell, qui voulait
étudier l'armement primitif dans le Pacifique,
indépendant de ses obligations aux organisateurs
du St. Georges, était le candidat parfait. Les lettres
de recommandations avaient été fournies par le Dr.
A.C. Haddon de l'Université de Cambridge et par
le Prof. C. G. Seligman, Président de l'Institut
Anthropologique Royal à Londres.

 

Le St Georges, un trois-mâts goélette, qui est parti
de Dartmouth le 9 avril 1924 avec pour Commandant
David Blair, O.B.E, R.N.R. Les passagers et l'équipage
numéro 34. Les membres de l'équipage scientifique
comprenaient des ornithologues, le Lieutenant-
Colonel H.J. Kelsall et Mr. Cullingford, un botaniste
L.A.M. Riley, un géologue K.J. Chubb, des
ethnologues, le Dr. E. Meyrick, et C.L. Collenette,
un biologiste marin, le Dr. C. Crossland, et un
 ethnologue James Hornell. Mr. W. Harcourt était le
photographe. Tous avaient signé un contrat d'un an.
Les femmes laissées en Angleterre recevaient des
payements réguliers, lorsque leurs maris étaient à
l'étranger. Quelques aventuriers étaient aussi à
bord, ils avaient payé 900£ pour leur passage.

Après quelques brèves escales à Madère et Trinidad, le
St Georges passa par le Canal du Panama le 13 juin
1924. Les cinq mois suivants furent consacrés à
la recherche d'un certain nombres d'îles dans un
rayon de  Balboa, qui était utilisé comme une base.
Les îles visitées durant cette phase de l'expédition
étaient: Isla del Rey, Isla Gorgona (excentrée de la côte
de Colombie), Ile Coiba, Ile Cocos, Ile Taboga, et le
Groupe des Galápagos. Hornell entreprit un travail
archéologique approfondi à Gorgona, qui a plus
tard était publié dans le Journal of the Royal
Anthropological Institut [130] et dans Man [128].
Un court rapport sur les superstitions a aussi été
publié [160]. Des rapports écrits par Hornell ont
été envoyés en Angleterre via le bateau à vapeur
postier au Daily Telegraph, où ils ont été publiés
dans des numéros datés du 13, 14, 16, 17, 29 octobre
1924 [126]. Ils étaient emballés avec les petites brides
d'observations qu'Hornell aimait tant transmettre à
ses lecteurs. Dans le premier de ses rapports, il
mentionne un grand requin qui avait était attrapé
et amené à bord et "comme c'était le premier
requin attrapé dans ce voyage, le skipper, en accord
avec la tradition maritime, a cloué la queue du
jiboom pour s'assurer de bons vents pendant notre
voyage". Dans le même rapport, il décrit un piège
primitif pour rats, avec pour leurre des morceaux de
bananes, du mais et de l'ananas, qui présentait
"une apparence si curieuse, que quelqu'un du groupe
le présenta comme un objet sacrificiel ou votif, et a été
grandement surpris lorsque la vrai nature a été
 expliquée."

 

Le 15 novembre, le St. Georges rendit une troisième et
dernière visite à Gorgona, puis navigua vers le groupe
des Marquises, qui fut aperçu le jour de Noël 1924.
Environ cinq semaines ont été passées dans le Groupe,
et après des escales dans deux des atolls de l'archipel des
Tuamotus, Tahiti a été atteinte le 16 février 1925. A
Tahiti, tout les contrats expirèrent. Les membres de
l'équipe scientifique avaient l'option de retourner en
Angleterre à bord du St. Georges, ou de trouver leur
propre chemin de retour, comme firent Crossland et
Hornell. Crossland resta à Tahiti pendant un moment
pour étudier les barrières de coraux, mais Hornell
se dirigea immédiatement vers l'ouest, s'arrêtant
brièvement à Samoa avant d'atteindre Tonga en mai
et les Fidji en juin 1925. Dans ses rapports publiés cette
période de son voyage est évoquée en tant que la
Percy Sladen Trust Expedition.

 

Le désengagement d'Hornell du St. Georges était
une bénédiction bien cachée. A Tahiti beaucoup de
 membres de l'équipe scientifique reçurent des lettres
de leurs épouses disant que leurs compensations avaient
 trois mois de retard. Cinq membres demandèrent
immédiatement de retourne chez eux à bord d'un
bateau à vapeur, ........ On leur conseilla de rester à
bord jusqu'à qu'ils atteignent Panama. Finalement,
le St. Georges visita Ruruta et Rapa du Group
Austral (où la goélette s'échoua sur un récif!), et
l'Ile de Pâques avant de partir pour le Panama, qui
fut atteinte vers la fin de juillet. Le voyage de retour
aurait du durer 80 jours, mais en raison de vents
contraires, il en prit 103. Pendant le voyage, il ne
resta presque plus de rations et de charbon . Les
 membres de l'équipage déclarèrent qu'ils seraient
 morts de faim, s'ils n'avaient pas rencontré le bateau
à vapeur américain Libby le 27 juin. Un récit populaire
de l'Expédition du St. Georges, écrit par le Major
Douglas et un collègue P.H. Johnson, a été publié
dans un livre en 1926.

 

Pendant ce temps, Hornell étudia à la fois l'armement
primitif ainsi que les jeux de ficelle, dans tous les
endroits visités par la période de sa visite dans les
Mers du Sud, l'étendue de chaque collection étant
directement liée à la longueur de son séjour. Sa plus
grande collection a été assemblée aux Fidji (58 jeux de
ficelle). Peu de temps a été consacré à l'étude des
jeux de ficelle de Tahiti et des Marquises, étant donné
qu'Hornell savait que W.C. Handy devait publier une
monographie sur eux. Il regretta plus tard que
seulement 1 des 5 figures, qu'il avait recueillies à Tahiti
apparaissent dans la collection de 25 figures d'Handy.
Son séjour à Samoa a été trop court pour réaliser de
sérieuses études. Seules 9 figures furent recueillies à
Tonga.

 

Plusieurs publications ont résulté de sa participation
à l'Expédition St. Georges, toutes sont parues dans de
prestigieux journaux. Ses premiers rapports sur
l'archéologie de la Gorgona, autres que les articles dans
les journaux ont été publiés en juin 1925 [128]. Son travail
sur les jeux de ficelle a été publié par le Bishop Museum
(1927) [138], ainsi que son travail sur les canoës (1936-38)
[229].

 

Hornell le consultant (1926-1934)


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