John Lyman Cox (1866-1955) page 6

  Hommage
 

par
MARK SHERMAN
Pasadena, Californie

 

INTERVIEW DE MARY L. COX

 
Mary Lyman Cox, la plus jeune fille de John Lyman
Cox, a 81 ans et vit à Portland, Oregon. Je l'ai
interviewée le 7 juin 2003.

 

M. Sherman: Votre frère a dit que votre père était né
un an après la Guerre Sécession.

 

Mary L. Cox: Oui, en 1866. Ses soeurs sont nées pendant
la guerre.

 

M. Sherman: Il a aussi évoqué le fait que votre père
était un descendant des premiers colons américains.

 

Mary L. Cox: Oui, c'est correct. Le père de mon père,
James Sitgreaves  Cox était fier du fait qu'il s'était
assis autrefois sur les genoux de Lafayette.

 

M. Sherman: Lafayette?

 

Mary L. Cox: Le Marquis de Lafayette (1757-1834).
C'était un soldat français dans la Révolution
Américaine , qui est devenue un grand général
dans l'Armée Continentale, conduite par George
Washington. On le connaît mieux pour être celui
qui a persuadé la cour française à Versailles
d'envoyer d'énormes forces navales militaires
qui ont aidées les colons américains à gagner leur
indépendance.

 

M. Sherman: Qui a peint le portrait de votre père?

Mary L. Cox: E. Rorscher, un artiste allemand.
Je crois qu'une artiste philadelphienne a peint le
portrait de James Sitgreaves  Cox, mon grand-père.
Il est mort avant ma naissance.

 

M. Sherman: Que vous rappelez-vous du travail de
votre père à Midval?

 

Mary L. Cox: Mon père était un spécialiste de la
fabrication de l'acier. Il a mit au point la formule
que la U.S. Navy a finalement employé pour réaliser
des plaques qui ont protégé les vaisseaux dans la
Première Guerre Mondiale, et dans la Deuxième
Guerre Mondiale. Il était aussi impliqué dans la
conception d'acier inoxydable à Midval.

 

M. Sherman: Vous souvenez-vous de votre père
réalisant des jeux de ficelle?

 

Mary L. Cox: Oh oui. Mon père avait 58 ans lorsque
je suis née, et était un homme très occupé, mais
il avait toujours du temps pour moi. J'étais sa petite
amie. Il m'a enseignée les jeux de ficelle à un très
 jeune âge, je les ai aimés depuis lors. Il me gardait
moi et mes frères occupés pendant des heures, alors
que nous essayons d'apprendre toutes les figures
qu'il connaissait. Il aimait tout particulièrement
la Porte Apache
, Eclairs, et la maison en trois
dimensions
, qui exige deux joueurs. Mon frère
aimait les jeux de ficelle presque autant que moi,
mais ma soeur ne s'y ai jamais vraiment intéressé.
A l'adolescence, je réalisais régulièrement des
jeux de ficelle.

 

M. Sherman: Il est évident que vous n'avez jamais
rencontré Mme Jayne, étant donné qu'elle est
morte quatorze ans avant votre naissance. Mais
votre père n'a-t-il  jamais parlé de Mme Jayne?

Mary L. Cox: Oui. Mon père prenait beaucoup de
plaisir aux "fêtes de la ficelle" que Mme Jayne
organisait. Elle et ses amis s'asseyaient et
essayaient de comprendre comment réaliser les
motifs compliqués de Nauru, qui sont illustrés
au dos de son livre.

 

M. Sherman: Fascinant! Votre frère se souvient
d'avoir lu un essai que vous avez écrit sur les jeux
de ficelle, lorsque vous aviez 16 ans. Vous souvenez-
vous de l'essai?

 

Mary L. Cox: Oui, très bien. J'en possède encore
une copie. Pendant ma dernière année secondaire
au pensionnant Episcopal de St. Catherine à
 Richmond, Virginie, un enseignant qui enseignait
dans un collège m'a demandé d'écrire un article
niveau collège. Nous devions choisir un sujet,
 décider quel journal pourrait le publier, étudier
son style, prendre des notes, exposer les grandes
lignes, et écrire l'article. J'ai choisi les jeux de
ficelle comme sujet. Sachant que l'information
d'un tel sujet obscur ne se trouverait probablement
pas dans les bibliothèques de Richmond, j'ai
demandé à père s'il pensait que l'Université du
Musée, me permettrait de faire de la recherche
là-bas. Dès mon arrivée à Philadelphie, Père m'a
présentée à Horace Howard Furness Jayne, le
directeur du musée.

 

M. Sherman: Horace Howard Furness Jayne?
N'était-ce pas le fils de Caroline Furness Jayne.

 

Mary L. Cox: Oui. Horace H. F. Jayne était le
directeur du musée de l'université de 1929 à 1940,
et un spécialiste en Art Oriental. Il a recueilli les
pierres sculptées et ornées qu'on trouve dans
l'entrée. Il était cumulativement conservateur
de l'Art Oriental au Musée de Philadelphie
d'Art Plastique, et plus tard a été employé par le
Musée Métropolitain de l'Art à New York. Il
a écrit plusieurs monographies sur les collections
d'Art Chinois des musées importants. A sa retraite,
il a déménagé à West Palm Beach, Floride, où il
est mort en 1975 à l'âge de 77 ans.

 

M. Sherman: Est-ce que votre père le connaissait
car il avait aidé Caroline Furness Jayne à recueillir
des jeux de ficelle pour son livre publié en 1906?

 

Mary L. Cox: Apparemment il connaissait Mme
Jayne bien avant. Lorsqu'Horace est né en 1898,
elle a demandé à mon père d'être le parrain
 d'Horace. Mon père l'appelait toujours par son
surnom, Hoddy.

 

M. Sherman: Et donc, "Hoddy Jayne" vous a
aidé dans la recherche sur les jeux de ficelle?

 

Mary L. Cox: Oui, Horace H. F. Jayne m'a donnée
immédiatement la permission de prendre à la
maison n'importe quel livre qu'il me fallait. Et
donc j'ai eu beaucoup de temps pour assembler un
excellente documentation pour mon essai. Par
conséquent, j'ai reçu une superbe note!

 

M. Sherman: Etes-vous allée au collège après le
 pensionnat?

 

Mary L. Cox: Oui, je suis allée au collège Bryn Mawr
pendant la deuxième Guerre Mondiale. J'aimais encore
beaucoup les jeux de ficelle, pendant ces années. Un
jour, je me souviens avoir été isolée à Black Point,
Connecticut, un port maritime à Long Island Sound.
Je rendais visite à une camarade de classe du collège,
et une tempête du Cap Hatteras de trois jours, nous
a obligé à rester enfermés. Pour passer le temps,
j'ai divertit ses amis avec des jeux de ficelle. Une
autre fois, je me souviens que Père m'avait demandée
de me joindre à lui pour une conférence sur les
l'Océan Pacifique à la American Philosophical
Society à Philadelphie, dont il était membre.
J'étais ravie de me joindre à lui, mais devait
 revenir au collège à 11 heures. Nous sommes
 arrivés tôt pour avoir de bonnes places et avons
passé le temps en faisant des jeux de ficelle. Un
homme dans le public a remarqué cela et nous a
dit qu'il y avait un numéro du journal de la société
consacré au sujet.  "Vous pouvez l'acheter au bureau
si vous le désirez." a-t-il dit. Je n'avais pas le temps,
mais j'ai envoyé quelqu'un le chercher plus tard.
Je l'avais jusqu'à un récent déménagement.

M. Sherman: Cela devait être l'étude des figures
australiennes de Davidson, publié en 1941.

 

Mary L. Cox: Oui, cela a l'air correct.

 

M. Sherman: Etes-vous restée à Philadelphie après
 la guerre?

 

Mary L. Cox: Oui, au début des années 1950, j'ai
travaillé en tant que secrétaire à Musée de
l'Université de Pennsylvanie - l'endroit même où
j'avais rencontré Hoddy Jayne. Il n'était plus le
directeur, l'ayant quitté en 1940. Froelich Rainy,
un anthropologue diplômé de Yale, est devenu le
 Directeur du Musée en 1947, un poste où il est
resté pendant 30 ans. Le Dr. Rainey a aidé à
introduire le domaine de l'anthropologie et
l'archéologie au monde, avec la série télévisée
"What in the World", qui a été diffusée au début
des années 1950. Lorsque je travaillais au musée,
j'ai rencontré mon deuxième mari, Schuyler Van
Rensselaer Camman, Professeur d'Art Asiatique
de l'Est à l'Université de Pennsylvanie, et un
conservateur du Musée. Mon mari a enseigné
pendant 35 ans à l'Université. Lui et Rainier
se disputaient toujours. Mon mari et moi étions
continuellement étonnés par le nombre d'objets,
que Rainey se débarrassait pendant le nettoyage
annuel de sa maison!

 

M. Sherman: Savez-vous si votre père a continué
à recueillir des jeux de ficelle, après avoir aidé
Mme Jayne pour son livre.

 

Mary L. Cox: Apparemment il ne l'a pas fait. A un
moment donné, il a donné des cartes et de la ficelle
à un capitaine de goélette de commerce qui
 voyageait vers la région du Labrador-Terre Neuve,
et lui a demandé de recueillir des motifs et des
méthodes, mais le capitaine n'a pas pris la peine
d'apprendre les méthodes fastidieuses. Récemment,
j'ai envoyé une lettre au Musée pour demander
 s'ils avaient encore les spécimens montés, mais ils
ont été incapables de les repérer, ou de confirmer
s'ils les avaient même eus.

 

M. Sherman: Quel dommage. N'avez-vous jamais
recueilli des  jeux de ficelle pendant vos voyages
 à l'étranger?

 

Mary L. Cox: Dans un récent voyage au Bhoutan, j'ai
 vu des novices d'un monastère réalisant des jeux
de ficelle, mais je n'ai pas été capable de communiquer
avec eux. Ici à Portland, un enseignant du CP à notre
Ecole Waldorf locale réalise des jeux de ficelle chaque
matin avec ses étudiants pour retenir leur attention,
mais tout cela a été l'étendue de mon interaction
avec des réalisateurs de jeux de ficelle depuis
mon enfance.

 

M. Sherman: Merci pour avoir partagé tous vos
merveilleux souvenirs. Je suis impatient de lire
l'essai que vous avez écrit dans le pensionnat.
Pourriez-vous m'envoyer une copie?

 

Mary L. Cox: J'en serais ravie. Il est assez ancien -
je l'ai écrit il y a 60 ans - mais j'en suis encore assez
fière. Peu importe, il montre ce que les jeux de
ficelle signifient pour la famille Cox. La quatrième
génération continue à les apprendre!

(Note de l'Editeur: L'essai de MLC se trouve
dans l'appendice II
).

 

SUITE
INTERVIEW DE JOHN L. COX III

 

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